‹ Du contrat de sociétéChapitre 60 sur 165 · LXXXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

LXXXIV PRÉFACE

grandes affaires, elle régit de grands empires. C'est cette belle conception qui a fait dire à Montesquieu (i) : « Il y a des peuples qui se sont conduits flc avec tant de sagesse, qu'ils ont donné l'empire tt à des compagnies de /iégocicuits, qui, gouver- (c nant les états éloignés uniquement pour le né- (c goce, ont fait une grande puissance accessoire « sans embarrasser l'état principal. » Si la France n'a pas tiré de cette idée tout le parti convenable, il faut s'en prendre à d'autres causes qu'à l'idée même ; car on sait ce qu'elle a produit entre les mains de la Hollande et de l'Angleterre.

Quoi qu'il en soit, reconnaissons que l'esprit d'association a reçu de Louis XIV une énergique impulsion, et ce prince a pu dire avec orgueil dans le préambule de son ordonnance de 1673 sur le commerce :

« Nous avons, depuis plusieurs années, appliqué « nos soins pour rendre le commerce florissant « dans notre royaume ; c'est ce qui nous a porté « premièrement à ériger parmi nos sujets plusieiirs « cojnpag/u'es, par le moyen desquelles ils tirent « présentement des pays les plus éloignés, ce qu'ils « n'avaient auparavant que par l'entremise des (c autres nations. »

Cette ordonnance de i6y3 contient elle-même un titre qui traite de la société de commerce ; elle a été très-utile à notre code de commerce. Avant et après elle, et dans tout le cours du xvii* siècle, la France est entrée dans des entreprises qui lui ont fait comprendre la puissance de l'association et le

(1) Esprit des Lois, liv. 21, cli. 2!.

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