PRÉFACE. XCI
étoufferait le crédit sous les subtilités du casuiste timoré.
Aussi les actions sont-elles restées dans l'organisation des sociétés, comme une combinaison utile et honnête. Les abus, qui en ont été faits dans des moments de vertige, n'ont pas été rétorqués contre elle par les économistes intelligents, par les négociants expérimentés; car, au fond, le principe en est ingénieux et fécond. Avant la révolution, elles étaient dans les entreprises les plus sages , les mieux assises, les mieux famées. Il y en avait dans les mines (i), dans les canaux, dans les manufactures d'armes (2) , dans les fabriques de glaces (3), dans les armements de navires (4), dans les exploitations de voitures publiques, dans les sous-fermes (5), etc., etc.
Nous voici en présence de la révolution de 1 789. Comme la plupart des grandes compagnies étaient investies de privilèges dans telle ou telle branche de commerce, les nouveaux principes de liberté commerciale portèrent atteinte à leur prospérité.
La Convention ne leur fut pas favorable. Sa main terrible s'appesantit sur les compagnies de finance.
Mais , à la renaissance d'un ordre de choses
(t) Arrêt de Liège, dans la collection Dallez, v° Société, p. 141. Édit de février 1722, qui autorise l'établissement d'une compagnie, pour travailler les mines du royaume. (M. Delebecque, Traité des mines, 1. 1, n" 482.)
(2) Quest. de droit de M. Merlin, v° Action, § 1.
(3) id.,p. 103, col. 2.
(4) M. d'Aguesseau, Mémoire sur le commerce des Actions, p. 247.
(5) Plaidoyer de Joly de Fleury, Quest. de droit, loc. cit.' p. 103.