‹ Du contrat de sociétéChapitre 68 sur 165 · XCIV PREFACE · texte numérisé non relu

XCIV PREFACE

esprits émus s'en sont pris trop légèrement à la loi des erreurs des hommes. Par suite de cette idée trop répandue, que les grands faits économiques sont une nouveauté dans le droit } que l'association est un besoin tout récent du développement des intérêts commerciaux , on a cru que la loi était trop faible, trop peu méditée eu égard à l'essor immense de la spéculation moderne; on l'a accusée de s'être laissé prendre au dépourvu^ de s'être laissé déborder par des circonstances plus fortes que ses étroites prévisions. Alors, au lieu de faire le procès aux intrigants devant la police correctionnelle , on a fait le procès au Code devant les Chambres. Les projets de réforme ont pullulé. Leur point de départ était que l'association était la grande puissance du jour, qui allait tout embrasser dans un mouvement inouï ; que la commandite , sa fille privilégiée , allait attirer à elle la masse principale des capitaux , et devenir le nerf des affaires de toute espèce. Il s'agissait donc de renverser les combinaisons de notre Code de commerce; d'inventer des principes nouveaux pour une ère commerciale qu'on croyait nouvelle ; de donner une charte à la commandite , à cette reine ambitieuse de l'industrie , à cet agent miraculeusement découvert pour régénérer l'économie commerciale. Dans tout cela, il y avait bien des choses qu'on oubliait. La première, c'est que les esprits étaient malades , et Ton prenait une fièvre passagère pour un état normal. On n'apercevait pas que, dans notre siècle, l'esprit individuel a trop d'énergie pour laisser l'association empiéter

Page 1