XCVIII PRÉFACE
taires et par les articles du Code pénal sur l'escroquerie. On ne la soumet pas à une autorisation du gouvernement , qui ne serait qu'une confusion de la société anonyme et de la société en commandite, ces deux faces si diverses de l'esprit d'association; à une autorisation, dis-je, qui serait pour les affaires une cause de lenteur, d'embarras, de craintes, et qui d'ailleurs ne ferait que distraire l'administration de desseins plus élevés, et compromettre sa responsabilité , sans ajouter aux garanties du public. La société en commandite reste , sous le rapport de sa liberté , ce que l'a faite si justement l'Empire, après une sérieuse élaboration de la question, après un scrupuleux examen des doléances des tribunaux de commerce (i). Et, d'ailleurs, est-ce donc que l'extension de l'administration supérieure aux affaires du commerce privé , est un préservatif infaillible contre la ruine des sociétés ? Plus d'un établissement créé par lettres-patentes a fait de mauvaises affaires (2) ; plus d'une société anonyme autorisée par ordonnance a fait faillite, et trompé le gouvernement et les tiers (3). L'intervention de Colbert dans la compagnie des Indes, n'a pas empêché les faiseurs de prospectus et les vendeurs d'actions , de vanter la terre promise de Madagascar, la salubrité de son climat, la richesse intarissable de ses
(1) V. Analyse raisonnèe des Cours et Tribunaux.
(2) V. Savary, v" Glaces, riiistorique des manufactures de glaces «Hablies par Colbert et Louvois.
(3) On en pourrait citer beaucoup. M. Vincens, dea Socièiéx par actions, p. 47. M. Wolowski, des Sociétés par actions, p. 21-