‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 17 sur 235 · C. s., L, VI · texte numérisé non relu

C. s., L, VI

ÏNTRODUCTIOf^ 2j

une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé^ et par laquelle chacun^ s^unissant à tous, n^obéisse pourtant qu'à lui-même et reste aussi libre qu'auparavant ».

Un tel problème peut-il être résolu? N'est-il pas contradictoire de prétendre conserver dans une société, qui suppose nécessairement l'autorité, les droits de l'état de nature, dont le premier est la liberté? « Par quel art inconcevable a-t-on pu trouver le moyen d'assujettir les hommes pour les rendre libres? (^) » La théorie du pacte social est la réponse à cette question.

§ 3. — Le contrat social

« Puisque aucun homme n'a une autorité naturelle sur son semblable et puisque la force ne produit aucun droit, restent donc les conventions pour base de toute autorité légitime parmi les hommes (*).» En effet, nulle autre, solution du problème tel que Rousseau l'a posé n'apparaît possible. Pour que la loi ne détruise pas la liberté de l'individu, il faut qu'elle ait sa source dans la volonté même de cet individu. Ainsi seulement la liberté civile rejoindra la liberté naturelle. «L'homme vraiment libre, lit-on dans Emile (*), ne veut que ce qu'il peut et fait ce qu'il lui plaît. Voilà ma maxime fondamentale, » De ce principe, Rousseau tire, dans le Contrat (*}, cette conséquence catégorique : « Vobéis" sance à la loi qu^on s'est prescrite est liberté ». Si la

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