Notamment,!, viii ; II, iv; etc
2. Notamment, Saint-Marc Girardin, Lamartine, E. Faguet, J. Lemaître, etc., op. cit.
convenait de tenir pour loila volonté de la majorité. Mais « la loi de la pluralité des suffrages est elle-même un établissement de convention et suppose, au moins une fois, l'unanimité (^) ». La puissance de la majorité, en tant qu'elle est lég-itime, ne vient ni du nombre ni de la force, mais de la volonté même de tous les citoyens qui, entrant à titre d'égaux dans l'association politique, recohnaissent à tous un droit égal à la diriger, et conviennent que « la voix du plus grand nombre oblige toujours tous les autres : c'est une suite du contrat même (*) ». La minorité qui s'inclinedevant une loi qu'elle n'a pas votée reste donc libre encore, puisqu'elle reconnaît le droit de la majorité et qu'elle prétend bien, en d'autres circonstances, s'en prévaloir à son tour. •« La volonté constante de tous les membres de l'État est la volonté générale; c'est par elle qu'ils sont citoyens et libres(').» Directement ou indirectement, toute loi tire sa valeur morale et son autorité légitime du consentement unanime des citoyens. L'État fondé sur le contrat social ne peut comprendre que des contractants, qui en acceptent les stipulations fondamentales. Ainsi, déjà, en se soumettant à la volonté générale, l'individu n'accepte d'obéir qu'à des lois sur lesquelles il aura été lui-même consulté et qui auront été soumises au libre suffrage de tous ses égaux.
Mais la volonté générale n'est pas simplement la volonté de tous: il faut encore qu'elle soit générale par son objet, qu'elle n'édicte que des règles également applicables à tous. Il est de l'essence de la loi d'être générale et que tous soient égaux devant elle : ainsi nul ne voudra imposer aux autres que les charges qu'il trouve juste et nécessaire d'accepter pour lui-même. « Tout acte de souverain ^té, c'est-à-dire tout acte au-