‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 22 sur 235 · C. s., IV, u · texte numérisé non relu

C. s., IV, u

3 C. s., IV, II.

tbentique de la volonté générale, oblige ou fa\ )rise également tous les citoyens (*) ».

Il faut enfin, pour que \à volonté générale mérite notre respect et puisse être connue, que la question posée à tous les citoyens soit d'intérêt commun et que chacun réponde en songeant à l'intérêt commun. «Ce qui généralise la volonté est moins le nombre des voix que l'intérêt commun qui les unit(^)». Des avis particuliers fondés sur des intérêts particuliers et sans objet vraiment commun sont rigoureusement incommensurables entre eux. Les volontés individuelles ne deviennent comparables, on n'en peut faire la somme algébrique que si elles s'inspirent toutes du même principe et répondent toutes à une même question : alors il n'y a plus qu'à compter les voix /îonr et con/re, et l'on connaît sûrement la volonté générale. Alors seulement aussi la décision prise est moralement obligatoire et compatible avec la liberté des individus. Car, si la volonté de mon voisin peut engager la mienne, ce n'est pas en tant que nous avons l'un et l'autre des intérêts particuliers et distincts : je ne me suis nullement engagé à prendre son avis dans mes affaires propres et le pacte était précisément destiné à assurer ma liberté. Mais c'est comme associés dans une même œuvre collective que nous avons tous les deux des intérêts communs et que nous sommes tombés d'accord de recourir au compte des voix pour déterminer la conduite qui y convient le mieux. Je ne suis obligé que par les décisions qui visent cet intérêt commun('),

Page 1