‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 25 sur 235 · Emile, V ; C. s., II, vui. xi, etc · texte numérisé non relu

Emile, V ; C. s., II, vui. xi, etc

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loi. Il s'en faut bien que tous les peuples soient capables d'être libres (^). Rousseau ne s'est d'abord engagé qu'à nous dire ce qu'est un État légitime.

Mais si les conditions complexes que suppose l'existence et la manifestation d'une volonté générale peuvent être rassemblées, rien n'égale la beauté, la sainteté de la Loi commune, à laquelle tous les hommes ont librement accepté d'obéir et qui n'est que l'expression de leur souveraineté collective. Son joug est un honneur pour les cœurs fiers ; sa bienfaisante contrainte assure l'égale protection des droitsde tous; «il n'y a que la force de l'État qui fasse la liberté de ses membres » ('). Heureux parce qu'il est protégé parla loi et, par conséquent, lui obéit, l'homme sent la grandeur de sa tâche politique. Dans le citoyen, la volonté générale se confond presque avecla conscience de l'individu: le même «instinct divin»,quepeuventobscurcir momentanément lespassions ou les vices, mais qui vit immortellement au fond de nos cœurs, et nous force à prêter l'oreille à « la céleste voix », se manifeste encore dans les hommes assemblés et, tandis que les erreurs particulières s'équilibrent, s'annulent et se détruisent, leur montre infailliblement ce qui convient à des citoyens simples, bons et justes. Ainsi la société, par un admirable « artifice », imite et prolonge la nature. Le grand être collectif, né du cœur et de la raison des individus, assure à tous la dignité, la paix, la puissance et, si la liberté civile subit des chaînes qu'ignorait la liberté naturelle, c'est elle seule pourtant qui élève l'homme jusqu'à la véritable idée du devoir et de la justice.

Un rapprochement précis achèvera de faire comprendre le caractère de cette théorie. Kant, dans sa morale, n'a guère fait qu'appliquer à l'individu les principes que

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