Œuv. et corr.inéd., éd. SLreckeisen-Moultou, p
en nous metlaut en garde contre les premières appaiences. Le système ne nous a semblé m incohérent m disparate.et,pourlecomprendre,il n'est nécessaire dimputer à Rousseau ni reniement m conversion, m etourderie ni absurdité. Sans doute l'œuvre de Rousseau, toujours inspirée par des émotions, peut prétendre moins que toute autre à une rigoureuse et géométrique umte ; U n'est pas contestable que le changement du ton, de l'humeur et des sentiments donne parfois aux idées, aperçues de points de vue différents, une autre figure et une autre portée. Mais le Conlral social n'est pas le rapprochement factice de thèses hétérogènes, successives et contradictoires : c'est un effort vigoureux pour résoudre un difficile problème, sans sacrifier aucun des éléments essentiels et opposés qui y sont nécessaire-
ment impliqués. .
C'est ainsi qu'entre le. :U:tla raison, entre
la nature et la société, en,. .-3rté de la personne
humaine et la toute puiss ^ '^'t'- r'^TJlt.
ni brutalement choisi ni g^ ^^ut juxtapose, mais
a cherché, par un effort pi ^ud et plus original, a
concilier. 11 y a bien de la vér.ié dans l'ingenieux rap^
prochement d'Hœffding ('),qui assigne a Rousseau et a
Leibnitz, malgré tant de dissemblances capitales, une
place pourtant analogue dans Ihistoire de la pensée .
l'un et l'autre ont cherché la signification de la nature
et de la société pour le sentiment humain ; ils n ont pas
tenu pour suffisante une explication claire et mécanique
des faits; ils ont étudié non seulement ce qui est,
mais ce qui méritait d'être ; séparer, isoler, opposer
comme contradictoire ce qui doit nécessairement se
pénétrer dans la nature comme dans la société, n est pas
moins impossible à l'intelligence de Leibnitz qu au sen-
timent do Rousseau. Mais, naturellement, cet effort de