‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 36 sur 235 · C. s., 11, II, m et IV · texte numérisé non relu

C. s., 11, II, m et IV

2, Voir notamment A. Lichtenberger. Le Socialisme aa XVI II* siècle, ch. vi.

et tous ces dangers sont en effet à craindre. Mais, avant d'examiner si Rousseau ne les a pas prévus et dans quelle mesure nous y sommes en réalité exposés, demandons-nous quels moyens on pourrait proposer pour les éviter.

Peut-on affirmer le principe de la liberté politique et cependant restreindre la souveraineté du peuple tout entier? Peut-on proclamer des droits individuels intangibles, placés expressément hors des prises de la volonté générale? — On le peut, sans doute, d'une manière toute morale : on peut bien essayer d'enchaîner les volontés par des déclarations solennelles, affirmant « indestructible » telle forme de gouvernement, « sacrée » la propriété individuelle, etc. ; on peut s'efforcer, par tous les moyens possibles, d'en inspirer le respect et l'amour à l'opinion publique, et c'est en effet ce que faisait Rousseau et ce qu'il voulait qu'on fît (*j. En ce sens, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen n'est nullement en désaccord avec la doctrine de Rousseau. Mais il ne faut pas confondre avec une nécessité réelle cette obligation purement morale. Il me semble que Rousseau a irréfutablement démontré que la souveraineté populaire est nécessairement et logiquement sans limites, de fait comme de droit. Si c'est la volonté des individus qui fait la loi, ils peuvent changer la loi, ils peuvent même anéantir toute loi ; ils en ont absolument le droit et la puissance. « 11 ne peut y avoir nulle espèce de loi fondamentale obligatoire pour le corps du peuple, pas même le pacte social (*). » On voudrait proclamer « des droits et des devoirs antérieurs à la société », supérieurs à elle et « en dehors du pacte social (*)». Mais quelle réalité recouvre cette

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