Ronsseau juge de Jean- Jacques, 3" dial., p
2. Ibid., p. 474 et suiv. — Cf. Lanson, Hist. de la Litt, franc., V, i\, v.
légitime ? De prime abord, Rousseau se place en face des autorités établies et, les trouvant fondées sur la force, la guerre ou l'esclavage, les déclare illégitimes et leur refuse implicitement son obéissance, tout au moins son respect. Peut-être n^a-t-il pas lui-même senti tout ce qu'il y a de nouveau, de hardi, de révolutionnaire, rien que dans cette manière de poser la question: il s'est maintes fois défendu (*) d'avoir voulu porter la moindre atteinte aux lois et aux gouvernements établis ; il s'est étonné un peu naïvement que des doctrines, professées sans scandale par Locke ou même par Montesquieu, aient épouvanté quand il les exposait à son tour (') ; mais des mots presque inoffensifs auparavant avaient pris brusquement dans sa bouche un accent tout nouveau, parce qu'il était Rousseau, parce qu'il parlait avec sa passion d'indépendance, sa fierté de « républicain (*) », et n'invoquait d'autre autorité que celle de la nature et de la raison. C'est bien ainsi que le monde l'a entendu et compris ; ni ses adversaires ni ses partisans ne s'y sont trompés (*).
Mais si le « ton » du Contrat, si Tesprit qui anime ces doctrines abstraites s'explique avant tout par la personne même de Rousseau, les théories qui composent son système politique se ressentent assurément d'influences diverses qu'il faut rechercher.
L'une des plus manifestes, c'est l'influence de Ge^ nève * ; mais encore faut-il bien entendre en quoi elle
i. Notamment : Lettres de la Montagne, IV ; Confessions (1756^; Rousseau juge de J.-J., 3" dial.; etc.