b« Avertissement aux protestants
3. Et c'est là, vraisemblablement, que Rousseau l'a surtout étudiée.
INTRODUCTION éà
naturel :ce\dL est original et neuf. Montrons brièvement en quoi Rousseau se distingue ainsi de tous ses prédécesseurs.
D'abord, dans toutes les théories antérieures, implicitement ou explicitement, il était toujours question d'un double pacte ou contrat social (*) : 1° un contrat d'association par lequel tous les individus s'engagent les uns vis-à-vis des autres et forment un même corps politique ; 2" un contrat des sujets avec leurs chefs, qui légitime et limite en même temps la puissance de ceux-ci. Chez Jurieu et chez Locke lui-même, il y a « pacte mutuel entre le peuple et le souverain (*)». Qu'on renforce l'autorité du souverain, comme le fait Hobbes, qu'on restreigne au contraire étroitement la puissance du prince, comme le fait Locke, tous n'en conçoivent pas moins le prince comme une puissance distincte, qui émane bien du peuple, mais avec laquelle cependant le peuple doit traiter. — Pour Rousseau, il n'y a qu'un seul et unique contrat, le pacte de tous avec touSj qui est lecontî'at social proprement dit. Ce pacte en exclut nécessairement tout autre, car, en s'abandonnant à « la suprême direction de la volonté générale », les citoyens s'engagent à n'obéir qu'à elle. Toute autre autorité enlèverait à la loi sa suprématie. Le gouvernement n'est donc plus qu'un instrument d'exécution au service de la volonté générale, et le seul souverain est le peuple tout entier, dont l'autorité n'a plus d'autres limites (*) que celles que son propre intérêt,