‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 50 sur 235 · Mirabeau, Lettres, II · texte numérisé non relu

Mirabeau, Lettres, II

2. Cité par E. Champion, Espr. de la Rév. fr,^ p. 27. S. Lettres surJ.-J. Rousseau (1788).

4. Voir l'analyse de ces cahiers dans E. Champion, la France d'après les cahiers de 1789, ou dans Jaurès, op. cit., t. I, ch. ii, — Cf. L. Cahen, Rousseau et la Révol. française, in Rev. de Paris, 15 juin 1912.

5. C'est notamment celle de Louis Blanc, Hist. de la Rév., t. II, liv. X, ch. I et passim.

6. Notamment Paul Janet, op. cit., 3« éd., p. 455 et suiv. — E. Champion, Espr. de la Rév., ch, i ; etc..

ÎNTRODUCTION et

réalité, Rousseau a été invoqué par tous les partis, du premier jour de la Révolution jusqu'à la fin du Consulat. Dans un très intéressant ouvrage composé à la fin de 1790, Ph. Gudin écrivait: < 11 est de tous les sages celui qui influe le plus aujourd'hui sur les hommes et sur les affaires... (*) », Et l'on retrouve son influence précise dans l'organisation du culte décadaire et de la Ihéophilanthropie à la fin de la Convention, sous le Directoire et sous le Consulat.

Mais si son influence n'a pas été exclusive, a-t-elle été aussi profonde que générale et persistante ? — M. F'aguet a cru pouvoir affirmer que les idées de Rousseau, comme celles de Montesquieu et de Voltaire, avaient eu très peu d'action réelle sur la Révolution : « elles ont, dit-il, traversé toute la Révolution française comme des projections de phares, et c'est à leurs lumières intermittentes qu'on a combattu dans les ténèbres. Leurs livres ont été les textes dont se sont appuyés les partis pour soutenir les revendications diverses et contraires qui leur étaient inspirées par leurs passions ou leurs intérêts (*). » Il y a une idée très juste dans le paradoxe précédent. Il est vrai que tous les partis se sont presque également abrités sous l'immense autorité du Contrat socialyei il est vrai encore que les principes de Rousseau ont été bien souvent invoqués comme justification théorique de mesures pratiques qu'ils n'avaient nullement suggérées et que les circonstances seules imposaient. Mais il serait tout à fait faux de penser que ce livre, presque sacré, qu'on osait à peine discuter, ait pu être si constamment invoqué dans la mêlée des partis sans exercer une influence directe et profonde. Il a en grande partie déterminé les conceptions politiques

1. Ph. Gudin, Supplément an Contrat social, applicable particulièrement aux grandes nations, Paris, 179J,p. vi (dédicaça à r Assemblée nationale du 30 oct. 1790),

Page 1