‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 56 sur 235 · Cf. Aulard, le Calte de h Baison, ch. vi-xiv · texte numérisé non relu

Cf. Aulard, le Calte de h Baison, ch. vi-xiv

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Cause delà justice et de Tégalité (*)?...> Et Robespierre, apfès avoir attaqué la superstition et distingué le Dieu des prêtres et le Dieu de la nature, termina par ce mot : « les eiiiienlis de la république, ce sont les hom-

i. On voit qufe Robespierre rangeait hardiment Rousseau partni l6s amis de la Révolution et même de la Montagne. St.- Just l'appelle également 4 l'homme révolutionnaire » (rapport sur la police générale). Qu'en faut-il penser ? Gela était déjà contesté dès l'époque révolutionnaire. Un anonyme (Duhem?) publiait en 1790 un pamphlet intitulé : /.-/. Rousséaii aristo' craie ; et les modérés opposaient souvent aux Montagnards l'autorité de Rousseaii. Chateaubriand (Esprit des révolutions) dit qu' « il n'y a pas de livre » qui, plus que le Contrat social, condamne les terroristes. Et, en effet, M. Paul Janet (Hist. de la Se. polit., t. II, p. 458 et suiv), et M. E. Champion (Esprit de la Révol., ch. i), n'ont pas eu de peine à rassembler des textes où Rousseau condamne par avance le système de la Terreur (notamment, article Économie politique, p. 416) et même proteste contre toute pensée d'introduire dans les gouvernements des changements radicaux (notamment, Juy. suh la Polysynodiè de l'Abbé de St. -Pierre, t. V, p. 93 et suiv. ; et C. *., Il, ni ; 6* et 7» Lettres de la Montagne); et on a répété que Rousseau s'accommodait fort bien de la monarchie ou de l'aristocratie. — Mais il ne faut pas oublier, que si Rousseau proclame toutes les formes de gouvernement valables selon les circonstances, c'est que, pour lui, la forme du gouvernement est secondaire, car « tout État légitime est républicain ». Le principe de la souveraineté populaire est au cœur de son système. — Quant à savoir s'il eût approuvé la Révolution, comment décider une pareille question ? En tout cas, il ne suffît pas d'invoquer les condamnations anticipées qu'on en trouve dans son œuvre, car combien parmi les plus décidés des Montagnards en auraient pu écrire autant à Tépoque où vivait Rousseau, ou même à la veille de la Révolution ! En tous cas, l'idée de Robespierre, l'idée de donner les forces morales de la vertu pour appui à la force matérielle, de détruire toutes les organisations qui résistent à l'unité et dimposer celle-ci dé force, par une sorte de dictature momentanée et justifiée pat* le salut public, en attendant qu'une organisation régulière de la démocratie soit possible, me paraît tout à fait conforme à là penséo dti Rousseau. Voir le livre de M. A. Meynier.y.-/. iîoiisseau révolutionnaire.

mes corrompus (^)I >. Déjà, aux Jacobins, Robespierre avait justifié les mêmes idées en citant le chapitre du Contrat social sur la religion civile, dont il avait vanté la profondeur et rutilité(*). C'est donc bien le souci de la morale et de la vertu, le désir de « purifier » la volonté générale, c'est-à-dire l'esprit du fameux chapitre de Rousseau, qui a directement déterminé la politique du parti de Robespierre en matière religieuse, qui lui a fait essayer d'établir la religion naturelle sur les ruines de la religion catholique et qui a peut-être ainsi facilité d'autant la résurrection si prochaine et si rapide de celle-ci.

Ces conceptions survécurent d'ailleurs au 9 Thermidor et à Robespierre; pendant la fin delà Convention, sous le Directoire et jusque sous le Consulat, on assiste à de nouveaux efforts pour reconstituer une autre forme de religion naturelle : le culte décadaire, la IViéophilanthropie reprenneni les mêmes idées essentielles et se réclament toujours de l'autorité de Rousseau. Le 9 fructidor an V, un ami du directeur La Révellière-Lépeaux, J.-B. Leclerc (de Maine-et-Loire) dépose une motion « sur l'existence et l'utilité d'une religion civile en France »(^), et les arguments en sont encore puisés à la grande source de toute la politique religieuse de la Révolution, le chapitre viii du IV^® livre du Contrat social.

En somme donc, autant que l'on peut prouver l'in-

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