‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 57 sur 235 · L. Blanc, XI, xi ; Aulard, le Culte de la Raison, XXII et · texte numérisé non relu

L. Blanc, XI, xi ; Aulard, le Culte de la Raison, XXII et

2. Séance delà Société des Jacobins du 15 mai 1794 (Aulard, la Société des Jacobins, t. VI, p. 134). Robespiem'e demande c: pendant qu'on* présente avec ménagements... cette vérité professée par J -J Rousseau, qu'il faut bannir de la Répuliliquo tous ceux qui ne croient pas à la divinité » ; ce serait effrayer une trop grande « multitude d'imbéciles ou d'hommes corrompus ». — Carrier, Gouthon, etc. développeront les mêmes idées.

3. Voir le livre de M. Mathiez, sur la Théophilanlhroijie et le culte décadaire.

fïuence d'un homme et d'un livre sur des faits aussi complexes, il me semble certain que le Contrat social a. suggéré certaines mesures politiques, inspiré de nombreux projets constitutionnels et agi d'une façon réelle et profonde sur la politique religieuse de la plupart des révolutionnaires. Mais, quelle que soit l'importance de quelques-uns de ces faits, l'influence de Rousseau surla Révolution me paraît surtout capitale en ce qu'elle a contribué à donner à l'idéal révolutionnaire sa forme précise. Souveraineté du peuple, liberté et égalité, voilà les trois dogmes fondameateux, les trois mots fatidiques que l'on retrouve partout. Il serait évidemment ridicule de soutenir que cela vient uniquement du livre de Rousseau. Mais je crois que ce livre a puissamment contribué, non seulement à familiariser les esprits avec ces trois idées qui résument le Contrat [^) comme elles résument l'esprit révotutionnaîre, mais surtout à en faire des sentiments vivants et passionnément aimés. En ce sens est vraie peut-être la parole mystique de Quinet : J.-J. Rousseau « représente d'avance » la Révolution « et la personnifie, autant qu'un individu peut représenter un système > {*),

L'influence du Contrat social sur les doctrines des philosophes et des écrivains a été beaucoup moins

1. C. s., II, xi: « Si Ton recherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de législation, on trouvera qu'il se réduit à ces deux objets principaux, la liberté et Végalité... » Liberté, égalité, c'était la devise républicaine sous la Convention et le Directoire ; cf. communication de M. Aulard à la Société de l'hist. de la Rév. fr., 29 mars 1903.

2. Edgar Quinet, La Révolution, V, m (éd. du Centenaire, p. 159).

9i INTRODUCTION

grande, ou du moins plus restreinte et plus localisée qu'on ne le croit généralement. En France, on est embarrassé pour découvrir d'incontestables héritiers politiques de Rousseau. M. P. Janet (^) désigne comme ses disciples Turgot, Malesherbes et Bernardin de Saint- Pierre; mais, pour les deux derniers, il s'agit d'une influence générale, sentimentale et morale en même temps que littéraire, que nous n'avons pas à étudier ici (') ; et le libéralisme économique de Turgot me paraît radicalement opposé à l'esprit du Contrat ('). On est tenté d'établir a j9riori unrapport entre l'école des économistes physiocrates et Rousseau, à cause du rôle de la nature dans les théories des uns et des autres ; mais le rapprochement serait superficiel, presque uniquement verbal, et, je crois, sans fondement historique : Rousseau a bien célébré le retour à la nature, l'agriculture et la vie champêtre, mais il suffît de lire son article £"00nomie politique {^), pour voir combien profondément il diffère des hommes qui posaient, à cette époque même, les fondements de cette science. M. André Lichtenberger, qui a étudié de très près la naissance des théories socialistes au xviii« siècle, reconnaît surtout l'in-

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