‹ Du contrat social. Publié avec une introd. et des notes explicativesChapitre 99 sur 235 · Ci-après, eh. vi · texte numérisé non relu

Ci-après, eh. vi

Grotius (^), comment ce savant homme et son traducteur Barbeyrac (*) s'enchevêtrent, s'embarrassent dans leurs sophismes, crainte d'en dire trop ou de n'en pas dire assez selon leurs vues, et de choquer les intérêts qu'ils avaient à concilier. Grotius, réfugié en France, mécontent de sa patrie, et voulant faire sa cour à Louis XIII, à qui son livre est dédié, n'épargne rien pour dépouiller les peuples de tous leurs droits et pour en revêtir les rois avec tout l'art possible. C'eût bien été aussi le goût de Barbeyrac, qui dédiait sa traduction au roi d'Angleterre George I". Mais malheureusement l'expulsion de Jacques II, qu'il appelle abdication, le forçait à se tenir sur la réserve, à gauchir, à tergiverser, pour ne pas faire de Guillaume un usurpateur. Si ces deux écrivains avaient adopté les vrais principes, toutes les difficultés étaient levées, et ils eussent été toujours conséquents ; mais ils auraient tristement dit la vérité et n'auraient fait leur cour qu'au peuple. Or, la vérité ne mène point à la fortune, et le peuple ne donne ni ambassades, ni chaires, ni pensions.

1. Ces chapitres traitent < des différentes sortes de guerre, de la nature de la souveraineté » et de « la guerre des sujets contre les puissances »,

2. Barbeyrac, professeur de droit à Groningue, publia, au début du xviii* siècle, une traduction française de l'ouvrage de Puffendorf, sur le Droit de la. Nature et le Droit des Gens, et de l'ouvrage déjà cité de Grotius.

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