LIVRE DEUXIÈME
à la conservation de l’État. On peut dire en général que les premières, n’étant qu’extérieures et relatives, doivent être subordonnées aux autres, qui sont internes et absolues (1). Une saine et forte constitution est la première chose qu’il faut rechercher ; et l’on doit plus compter sur la vigueur qui naît d’un bon gouvernement que sur les ressources que peut fournir un grand territoire.
Au reste, on a vu des États tellement constitués, que la nécessité des conquêtes entrait dans leur constitution même, et que, pour se maintenir, ils étaient forcés de s’agrandir sans cesse. Peut-être se félicitaient-ils beaucoup de cette heureuse nécessité, qui leur montrait pourtant, avec le terme de leur grandeur, l’inévitable moment de leur chute (2).