‹ Du contrat social [Texte imprimé]Chapitre 85 sur 149 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

point d’unité dans le gouvernement, et que l’État manque de liaison.

Lequel vaut le mieux d’un gouvernement simple ou d’un gouvernement mixte ? Question fort agitée chez les politiques, et à laquelle il faut faire la même réponse que j’ai faite ci-devant sur toute forme de gouvernement (1).

Le gouvernement simple est le meilleur en soi, par cela seul qu’il est simple. Mais quand la puis-^ sance exécutive ne dépend pas assez de la législative, c'est-à-dire quand il y a plus de rapport du prince au souverain que du peuple au prince (2), il faut remédier à ce défaut de proportion en divisant le gouvernement ; car alors toutes ses parties n’ont pas moins d’autorité sur les sujets, et leur division les rend toutes ensemble moins fortes contre le souverain.

On prévient encore le même inconvénient en établissant des magistrats intermédiaires, qui, laissant le gouvernement en son entier, servent seulement à balancer les deux puissances et à maintenir leurs droits respectifs (3). Alors le gouvernement n’est pas mixte, il est tempéré.

On peut remédier par des moyens semblables à l’inconvénient opposé, et, quand le gouvernement

p) III, iii, fin.

(2) Si le prince est trop indépendant et détourne pour Son intérêt personnel une partie de la puissance que le souverain lui avait confiée, l’égalité des rapports établis

au chap. i se trouve rompue et il vient -g- -g-.. La puis-

sance que le souverain confie au prince ne profite plus tout entière à l’État.

(3) Voir IV, v, du Tribunat.

est trop lâche, ériger des tribunaux pour le concentrer (1). Gela se pratique dans toutes les démocraties. Dans le premier cas, on divise le gouvernement pour l’affaiblir, et, dans le second, pour le renforcer; car le maximum de force et de faiblesse se trouvent également dans les gouvernements simples, au lieu que les formes mixtes donnent une force moyenne.

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