‹ Du Cours Forcé De La Monnaie FiduciaireChapitre 22 sur 39 · Histoire financière de la France, t. Ip · texte numérisé non relu

Histoire financière de la France, t. Ip

Un rapporteur de l’assemblée faisait également ressortir que: « La patience et le patriotisme des rentiers étaient mis à une épreuve d’autant plus forte que leur courage caché dans l'ombre était plus recommandable peut-être que celui qui est embelli par l'éclat de la publicité. » Necker proposait de transformer la Caisse d'escompte en une banque d'État, mais le souvenir de la Banque royale était encore trop présent à la mémoire pour faire adopter ce projet. Mirabeau demande alors l’établissement d'une contribution patriotique du quart du revenu. Dans un discours plein d’éloquence, il sut s’allier la totalité de l’assemblée, hostile, au début, à ce projet. « Deux siècles de déprédation et de brigandages, dit-il, ont creusé le gouffre où le royaume est près de s’engloutir. Il faut le combler ce gouffre effroyable. Eh bien ! voici la liste des propriétaires français ; choisissez parmi les plus riches, afin de sacrifier moins de citoyens. Allons, ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. Ramenez l’ordre dans vos finances, la paix et la prospérité dans le royaume ; frappez, immolez sans pitié ces tristes victimes... Vous reculez d'horreur, hommes pusillanimes! Eh ! ne voyez-vous pas qu’en décrétant la banqueroute, vous vous souillez d’un acte mille fois plus criminel... Mais, croyez-vous, parce que vous n'aurez pas payé, que vous ne devrez plus rien. Contemplateurs stoïques des maux

incalculables que cette catastrophe vomira sur la France, êtes-vous bien sûrs que tant d'hommes sans pain vous laisseront savourer tranquillement Îles mets dont vous n’aurez voulu diminuer ni le nombre ni la délicatesse... J'entends parler de patriotisme, d’élans de patriotisme, d’invocalions au patriotisme. Ab !ne prostituez pas ces mots de patrie et de patriotisme ! Ilest donc bien magnanime l'effort de donner une portion de son revenu pour sauver tout ce qu'on possède. Votez donc ce subside extraordinaire et puisse-t-il être suffisant ! Votez-le, parce que, si vous avez des doutes sur les moyens, vous n’en avez pas sur sa nécessité et sur notre Impuissance à le remplacer immédiatementdu moins (1).»

Mirabeau, dans son discours, exprimait la crainte que cet impôt ne soit pas suffisant. Les événements devaient lui donner raison, car cette contribution que ne fit ralentir l’acheminement à la banqueroute. C’est alors que certaines personnes crurent pouvoir remédier à l'insuffisance de numéraire en le remplaçant provisoirement par du papier-monnaie. Cette proposition qui se ramenait à créer un papier sans garanties fut repoussée par l’Assemblée.

Le rapporteur de la commission chargée d’étudier les différentes propositions en vue de pallier à la crise s’exprimait ainsi : € Nous avons ensuite exa-

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