SL
miné la grande question du vrai papier-monnaie, qu’on ne cesse d'indiquer à notre zèle comme le plus sûr moyen de régénérer les finances ; mais en calculant les effets de ce numéraire fictif qui promet une si prompte abondance, nous avons reconnu qu’il achèverail de resserrer ou d'extraire du royaume son numéraire réel ; qu'un papier sans hypothèque et sans terme qui, n'ayant aucune responsabilité immédiate,présenteraitle facile expédient d’en étendre à volonté la création, n’inspirerait aucune confiance et qu'’enfin ce papier n'empêcherait pas la banqueroute, mais serait lui-même une banqueroute qui ferait retomber sur tous les propriétaires et sur tous les consommateurs cette calamité si justement redoutée (1). »
Malgré tout, l’idée de la monnaie de papier était lancée ; on s’efforça d'en découvrir une espèce qui présenterait des garanties et serait basée sur un gage sérieux.
Les biens du clergé et de la couronne étaient, à cette époque, considérés comme une source de richesse importante. Les hommes de la Révolution virent de suite le parti qu’on pouvait en tirer pour la création d'un papier-monnaie. Dès le mois de décembre 1789, une loi décréta la vente de ces biens