‹ Du cours forcé de la monnaie fiduciaire [microform]Chapitre 27 sur 31 · TROISIÈME EXPÉRIENCE DU PAPIER-MONNAIE PÉRIODE DE · texte numérisé non relu

TROISIÈME EXPÉRIENCE DU PAPIER-MONNAIE PÉRIODE DE

Pour bien comprendre la crise qui éclata en 1848 et nécessita le cours forcé, il faut remonter à la création de la Banque de France. Après l’échec des assignats et des mandats territoriaux, plusieurs banques se fondèrent, émettant des billets, mais d’une façon très modérée. Ce fût en la Caisse des comptes courants et, l’année suivante la Caisse d’escompte du commerce, puis la Factorerie et le Comptoir commercial. Mais cette diversité de billets produisait une confusion qui gênait les opérations commerciales. Le Premier Consul voulut régulariser cette situation et fondre toutes ces banques en un seul établissement. Au mois de janvier 1800, à la suite d’une assemblée générale des actionnaires, la Caisse des comptes courants fut dissoute et devint la Banque

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de France. Les autres banques disparurent en même temps et échangèrent leurs actions contre des actions de la nouvelle Banque.

Le Premier Consul acheva le plan'qu’il s’était tracé par la loi du 24 germinal an XI qui concédait à la Banque de France le monoj^ole de Téaiission des billets de banque. Bonaparte rendait par là un très grand service à la nation, mais il eut le tort de lier trop étroitement cet établissement au Trésor, et de ne pas assez respecter son indépendance. La Banque, dans son esprit, était un moyeu d’agir sur la vie économique et financière du pays. La dépendance complète de cet établissement lui était donc nécessaire. Pour Napoléon, le principal rôle de la Banque devait être de secourir 1e Trésor de au moment des crises. Aussi voyons-nous le sort la Banque de France lié étroitement à celui de l’empereur.

Cette solidarité ne pouvait avoir que des conséquences fâcheuses et 1e souvenir du passé aurait dû mettre en garde Napoléon. Dès le mois de juillet i8o3, la Banque consent au Trésor un [>rôt de lo millions.

Le premier pas était fait ; les demandes continuèrent. En août de la même année la Banque de France convertit une bonne partie de son capital en obligations du Trésor. Ces emprunts ne pouvait que compromettre fortement son crédit. La crise éclata

en i8o5, à la suite d’une panique qui s’empara des I porteurs de billets. Les emprunts répétés et la soli-

\ darité qui existait entre l’empereur et la Banque

flrent craindre au public la chute de cet établisse- '1 ment et jetèrent le discrédit sur les billets. Les enne-

mis de Napoléon ne manquèrent pas d’en proüter pour augmenter la panique en faisant courir de faux bruits, et rappelant le désastre des assignats.

La situation était grave. La Banque, obligée de rembourser ses billets, n’avait qu’une encaisse restreinte et son crédit ne pouvait résister longtemps(i). La dépréciation du papier atteignait déjà 10 0/0. La i Banque demandait qu’on la dispensât temporaire-

ment de rembourser ses billets. On rappelait l’exemple de la Banque d'Angleterre qui ne parvint à sortir de

la crise de lygy qu’en employant un tel remède. Cette mesure parut trop violente ; on s’arrêta à un moyen terme: la limitation des remboursements en espèces; cette limite fût fixée à 600.000 francs par jour. La I Banque parvint ainsi à se remonter peu à peu ; la

panique s’apaisa, le numéraire revint et la victoire ’ d’Austerli*z acheva de dissiper les craintes du public.

I A la suite de cette crise, Napoléon, pour renforcer le

crédit de la Banque la transforma en institution gouvernementale,en mettant des fonctionnaires à la tête, r

I. Le portefeuille de la Banque était à ce moment irréalisable, ne comprenant que des effets souscrits par les receveurs des finances au nom du Trésor et escomptées aux Négociants réunis.

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