‹ Du crédit et de la circulation [microform]Chapitre 5 sur 28 · J04 I>£ L ORGANISATION DU CREDIT · texte numérisé non relu

J04 I>£ L ORGANISATION DU CREDIT

uns ne l'emportent pas sur les motifs des autres. Au contraire, quant à l'exploitation des mines, une fois que les premières avances sont faites, les motifs de jouissance immédiate l'emportent sur les considérations d'avenir, et la cupidité individuelle peut par des procédés vicieux tarir des sources de richesses dont une exploitation intelligente aurait su profiter. Ainsi , manque et privation d*un côté,— excès et abus de l'autre, — tels sont les écueilsde l'intérêt privé. Au contraire, l'intérêt général, dont le gouvernement est l'arbitre suprême, le porte à ne pas reculer devant des sacrifices d'une part, et à ne [)as se livrer à des abus de l'autre. 11 n'y a donc que le corps social tout entier qui puisse s'imposer des devoirs pour le bien-être général, et il n'y a aussi que la force centrale de l'État qui puisse balancer les

intérêts du présent et de l'avenir, de même qu'elle équilibre les intérêts de différentes localités, et organise d'une manière convergente les tendances les plus divergentes des intérêts privés.

Par conséquent, si même parmi les véritables industries il y en a qui, en raison de leur nature plus ou moins générale, sont essentiellement portées vers une organisation gouvernementale, d'autant plus l'exploitation du crédit et de la cir-

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culation, qui n'est pas une industrie dans la stricte acception du mot, devrait-elle y être astreinte, car il n'est rien d'aussi général, il n'est rien qui touche de si près à tous les intérêtf% matériels d'une nation , il n'est rien qui soit plus propice à leur développement d'un côté, et qui prête davantage aux abus de l'autre , — en un mot, entre tous lesélémens de progrès industriel, il n'en est aucun qui exige plus de solidarité et de garantie publique, que NIément financier.

En efPet, s'il s'agissait de signaler la cause, je ne dirais pas unique , mais prépondérante, de t' outre-commerce (over-trading) , c'çst dans le crédit anormal, c'est-à-dire dans l'agiotage, l'anticipation, la complaisance et toutes les opérations vicieuses signalées dans notre chapitre V% que nous irions la chercher. Si au contraire il fallait spécialiser la cause la plus favorable au développement sain et vigoureux du commerce et de l'industrie, c'est au crédit normal, c'està-dire à la suscitation de vrais capitaux circnlam et réelsy que nous l'attribuerions.

Quant à la circulation monétaire {currency}, elle a les mêmes droits et la même importance ; car s'il existe un objet qui réclame une garantie absolue et une sécurité indubitable , c'est sans

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contredit Tagent qui tient en $u$pen$ toutes les valeurs échangeables d'une nation, et sans lequel toutes ces valeurs seraient, pour ainsi dire, frappées d'ivterdiction.

Oui, l'exploitation du crédit et de la cir* culation , c'est l'exploitation des valeurs le9 plus idéalisées et les plus généralisées d'une nation ; c'est une industrie si l'on veut, mais une industrie qui opère non sur telle ou telle valeur bruta et immédiate, mais sur la quintessence générale de toutes les valeurs, sur un produit sublimé du sein de toutes les richesses efïectives, après le dégagement jduquel le résidu de la sublimation ne présente presque plus qu'un caput mortuum.

Les valeurs financières sont le sang reproductif du corps social, son élément nutritif et distribuiif, sa condition d'existence et de dévc* loppement. Or concevez, s'il est possible, une circulation organique qui serait privée de cœur, et qui a'auraît pas d'organe central pour mé<tamorphoser le sang veineux , c'est-à dire les valeurs brutes, eo sang artériel, c'est-à-dire en valeurs circuUbles et reproductives. Certes, vous pourrez bien rencontrer dans l'ordre phy*sique un système de circalaliofi dé9ué d'une oeAtralisation aussi parfaite ; mais ce o'esi qu'à

un degré d'organisation inférieure, à savoir, chez les végétaux ; aussi le crédit et la circula-tion n'ont-ils fait que végéter jusqu'à présent et cela précisément faute d'une organisation plus parfaite. Par conséquent, si jusqu'à ce jour lacir* culation des valeurs n'a été comparable qu'à la circulation imparfaite de la sève,, élevons -la maintenant à un degré supérieur dans l'échelle des organismes , et rendons-la analogue à celle du sang, en lui créant un cœur (1).

S'il ne s'agissait encore que d'un développement purement inférieur, comme pourrait le faire présumer cette comparaison, le mal ne serait pas si intense. Le crédit ne ferait quevégéter, à la vérité, mais il vivrait au moins; et sa vie bien qu'imparfaite comparativement, n'en serait pas moins normale pour son degré d'organisation. Il n'y aurait que mA;?çcie de développement, maisii n'y aurait pas d'aims. Ainsi, puisque les motifs qui noascon-

(1) Si , a« costraire , au lieu de préteodre que la circulation fioancière soit dépourvue de cœur, ou prétendait qu'elle en possède une foule, l'argument resterait identique, car la pluralité des cœurs n'appartient ellemême qu'aux organisations les plus inférîeures.Pf<t?a«to» complète ou pluralité vicieuse^ c'est toujours anarchie et désordre.

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