‹ Du crédit et des banquesChapitre 29 sur 39 · CIIAP. VIII. — § III. LES BANQUES EN FRANCE · texte numérisé non relu

CIIAP. VIII. — § III. LES BANQUES EN FRANCE

contentés, ces hommes, de toucher un intérêt de de 0,59 p. 100, tout eu courant les mêmes ristjues. Comment prétendre, après cela, qu'un intérêt de plus de 13 p. 100 était nécessaire pour les premiers porteurs d'actions? De ces rapprochements on peut conclure, avec assez d'assurance, qu'un intérêt d'environ 512p. 100 était l'intérêt naturel et nécessaire pour les fonds placés dans les banques publiques, et que si l'institution des banques avait été libre, il ne se serait guère élevé au-dessus de ce dernier taux. L'excédant n'est autre chose ici que le prix du monopole.

Pour résumer ce qui précède, il convient de rassembler en un faisceau le total des escomptes, ainsi que la moyenne des portefeuilles et des circulations dans toutes nos banques publiques.

Tableau des escomptes faits par les banques publiques en 184(i.

Banque de France 1,294,204,000 |

Coaiploirs 433,603,000 (

Banques déparlemenlales 772,546,600

Total général 2,499,403,600

Moyennes des portefeuilles.

Banque de France 15l,747,000j ^.^ .^a ntMi

Comptoirs 67,949,000 ( 219,696,000

Banques départementales 77,235,900

Total général 296,931 ,90ft

296 LR CRI'DIT ET f.ES BANQUES.

Moijenn'S des circttlntions.

Banque do Franc.^ 2:.9,(;7n.( no j ^«8 m 000

Comptoirs S,S30,0:0i '' '

Ban(|iie5 cJéprtrlemonlalcs !-'(;, 507/00

Total général 3;)5,O0O,8f 0

S; IV. — Caisses nKPAuoE.

L'exposé qui précède demeurerait incomplet si je n'y comprenais les caisses d'épargne. Ces caisses sont, en effet, des insliliilions de crédit dans la véritable acception du mot, puisqu'elles remplissent une des principales fonctions de ces institutions, qui consiste cà recueillir les capitaux accumulés par l'épargne et demeurés sans emploi. Elles sont, il est vrai, imparfaites dans leur constitution, puisque les capitaux qu'elles recueillent, elles n'ont en ellesmêmes aucun moyen de les utiliser; mais nos banques ne le sont guère moins, puisqu'à leur tour elles négligent cette partie importante de leur tâche qui consiste à recueillir les capitaux dormants pour les reverser dans la circulation.

Les caisses d'épargne ont été fondées en France en 1818. Quoiqu'elles aient eu d'abord quelque peine à se propager dans les départements, où elles ne sont pas encore universellement répandues, on peut dire cependant qu'elles ont assez bien réussi dès leurs débuts. Destinées à recueillir et à faire fructifier les petites épargnes des classes ouvrières, elles n'ont pas

«"II \1'. vm. — g IV. I.KS BANOl FS KN FRANCE. 297

failli à cello mission, et ont rendu à cet égard de grands services. Sans entrer ici dans des détails historiques sur leurs progrès depuis leur fondation [\\ il me suffira de présenter un aperçu de leur situation dans ces dernières années.

Il y avait à Paris, au commencement de 1847, outre la caisse centrale, située rue Coq-Héron, seize succursales établies tant dans la ville que dans la banlieue. Voici l'état du nombre des déposants et de la somme des dépôts au début des trois années 1845, 1846 et 1847.

Xonib. des déposanis. Tolal des depuis.

Ail 1" janvier IS4Ô 17:3,516 1 I2,(.CI,9I5 00

I84G i:8,2(ÎG 100,037,3:055

On remarquera que, tandis que le nombre des

'») Voici pourlanl un tableau raccourci, qui indique d'une manière sommaire le progrès de ces fondations :

tStS i caisse à Paris

1319 2 M. Bordeaui. Meli.

18Î0 1 Id. Rouen.

1821 4 M. Marseille, Xanles. Troycs, Bri'St.

1822 2 Id. Le Havre, Lyon.

«823 I Id. Heiins.

«S28 1 Id. Nîmes.

1S50 2 Id. Rennes, Toulouse. «832 4 Id. Orléans, .\vignon, Mulhouse, Toulon. H33.56:— ISSo, 82; - 1836.64; —1857, 50 ; - 1838, 17; — 1839. 14; -«840, 6; -1841,11; 1842, «3 ;- 1843, 25; - 1844, 8 ; - 1345 9- - ■>•■>, 4 ; — 1847, 5. ' '

On voit que le progrès a été beaucoup plus rapide depuis 18.33 que dans les années antérioures.

déposants n'a pas cessé de s'accroîlre pendant ces trois années, le chiffre des dépôts a constamment décru. C'est un résultat qui n'accuse pas la décadence de l'institution, et qui est presque entièrement dû à la loi du 22 juin 1845, dont le but a été de limiter à 1500 francs le maximum des dépôts.

Le 31 décembre 1844, il existait 347 caisses d'épargne dans les départements. En 1845, neuf nouvelles caisses furent autorisées, et dans ce nombre on remarque celle de Mende, chef-lieu d'un département jusqu'alors privé d'établissement de ce genre, La Corse restait, à cette époque, le seul département qui n'eût pas de caisse d'épargne; mais cette lacune fut comblée bientôt après. En 1846, cinq nouvelles caisses furent autorisées : à Ancenis (Loire-Inférieure); Gages (Hérault); Largentière (Ardèche); Bastia (Corse) ; Lières (Var) ; et enfin trois en 1847 : à Villefranche (Aveyron) ; La Réole (Gironde), et Moissac (Tarn-et-Garonne). C'est en tout 364 caisses autorisées dans toute la France. Les succursales instituées par diverses caisses dans les départements étaient au nombre de 160; ce qui donne un total d'un peu plus de 500 bureaux ouverts pour recevoir les petites épargnes du pays. C'est encore peu ; mais il y a là du moins un progrès beaucoup plus sensible que dans l'institution des banques. Au commencement de 1847, il manquait encore 79 caisses d'épargne pour que tous les chefs-lieux d'arrondissement en fussent pourvus.

L'effet des reslriclions apportées par la loi du

CllAl'. VllI. ^ IV. LLS liÂXjLts t.N 1 UA-NCt. 299

22 juin 1845 au maximum du compte des déposanls ne s'est pas fait sentir dans les déparlements aussi promptement qu'à Paris. L'accroissement de la somme totale des dépôts s'y est maintenu jusqu'en 1846. Ainsi, les caisses départementales réunies avaient en capital et en intérêts à la caisse des dépôts et consignations :

Au 31 décembre 1844 282,135,136 43

Au 1" avril 1847, elles n'avaient

plus que 289,785,496 76

11 y a donc eu dans ces caisses une augmentation de 12,898,237 francs 82 centimes en 1845, et de 2,196,766 francs 63 centimes en 1 8 i6, et une faible diminution dans le premier trimestre de 1847.

Voici le résultat général, en 1845 (1), des opéralions de toutes les caisses d'épargne, tant de Paris que des déjxirtements.

Livrets.

EXislanl au ( Départ 464.108 j \

1" janr. (Pans 173,515) / 801 nn*

Ouverls pendant (Départ....... 131,462) » 80- ,00(

l'amiéc. j Paris 33,9221 ^^'^■'^^'')

Soldés pendant j Départ 89,721 j

l'année. (Paris 59,060 j ^'^'"^'

Livrets restant au 3 1 décembre 684,226

(l)Lc3 comptes rendus sont toujours beaucoup plus tardiTs pour les caisses des départements que pour celles de Paris.

Ci^édits.

Solde di'i au ( Départ. 280,913,(85 30 i .„, „.., . ,„ „„ \

Ve,-sea.ea.s (Départ. iO'.eSô.lôO 07 . ,,^20 84 553,365.521.20 de I année. (Pans.. 37,679,090 77) ' ' i' • > >

Int. alloues j Départ. 11,005,285 69 i aux déposans I Paris. . 4,022,913 79 I

llembours. ( Départ. 106,130,938 04 i , „

I l> D • K- -8R KiO -TA 159,857,507 SO

de lannee. (Paris.. 5o,/26,519 76 )

Solde général au 31 décenibic 395,508,013 40

Le tableau de l'étal des crédits dans les villes les plus importantes a présenté le résultats suivants :

Solde dû au 31 décembre 184.5.

Bordeaux 1 4,545,695 8 1

Jlarseille 14,047,5?9 12

Lyon 9,397,258 46

Versailles 7,002,336 21

Rouen 6,739,758 61

Toulon 6,490.110 54

Metz 5,967,517 15

Lille 5,532,199 78

Brest 5,547,791 02

Nanev 4,765,293 25

Amiens 6,656,526 65 Orléans 4,528,657 64

Xantes 6,578,007 45" Strasbourg; 3,815.719 76

Pour juger jusqu'à quel point les caisses d'épargne ont répondu à leur destination, il faut voir comment les livrets et les soldes de crédit se répartissent entre les diverses classes de la population. En 1845, la statistique présentait à cet égard, relativement aux 341 caisses qui fonctionnaient à cette époque dans les départements, les résultats suivants :

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