ÉTATS
LES tmm
OGESCOUI'TES.
doU.
doll.
doll.
doll.
doll.
ah. Island...
Massachu'ts...
Connecticut. .
N.-Hamsp'ire
Maine
VermoiU
Les banques de la Nouvelle-Angleterre possédaient doncensemble, en 1 830, et pour une population totale de 1,862,000 habitants, un capital de 35,226,000 dollars ou 190 millions de francs. C'est plus que le double de ce que possédaient en dernier lieu toutes les banques françaises, pour une population de 35 à 36 millions d'habitants. Ce chiffre donne, en moyenne, 19 1/2 dollars on 105 francs par habitant ; résultat fort supérieur à celui qu'on trouve en Angleterre ou en Ecosse, ou dans aucun autre pays.
De l'un à l'autre Etat, on remarque pourtant des différences sensibles, et ces différences sont toutes en raison du degré de liberté. L'Etat de Rhode-Island, 011 la liberté est entière, occupe le premier rang. Le
ClIAP. X. — ^ r. F,RS BANQ. AUX l^TATS-lT^^S. i05
apital réuni des banques y donne comme moyenne, par tête d'habitant , (33 dollars , ou 340 francs ; ce qni est «ans comparaison avec ce qui se voit dans aucun lieu du monde. La liberté est peut-être aussi grandedans leMassachusetts, maisla taxe de 1 p. 100 mise au profit de l'Etat sur le capital des banques, est un obstacle à l'accroissement de ce capital. La marche des opérations y est en conséquence un peu moins saine. Pour regagner la taxe, et se mettre à même de payer à leurs actionnaires un intérêt égal à celui que l'on obtient ailleurs, les banques sont obligées de forcer un peu leurs escomptes et de spéculer davantage sur les dépôts. Dans le Connecticut, dans le New-Hampshire, dans le Maine et enfin dans le Vermont, le capital des banques va toujours déclinant à mesure que décroît la liberté. Cependant, dans ce dernier Etat même il est encore fort supérieur à ce qu'il est en France. Il ne faut pas d'ailleurs oublier cette circonstance essentielle, qu'en 1830, époque à laquelle ce tableau se réfère, la Banque des Etats-Unis étendait encore ses affaires sur tout le territoire de l'Union, qu'elle avait notamment des succursales dans la Nouvelle-Angleterre, et qu'une bonne partie de son capital y était employé. Aa capital propre aux banques de ces Etats, il faudrait donc ajouter une partie du capital de la banque centrale.
On peut voir que la circulation des billets est bien loin d'être excessive. Elle n'était, en 1830, que de 13,992,000 dollars, ou environ 75,500.000 francs,
pour toute la Nouvelle-Angleterre. Cependant le commerce est très-actif dans cette partie des Etats- Unis et la masse des échanges y est énoi'ine. D'un autre côté, comme les banques y émettent des billets de 1 dollar, le numéraire figure à peine dans la circulation, n'y étant guère employé que pour les fractions du dollar. Grâce au bon service des banques et à l'activité de la circulation, cette faible somme de 75 millions en billets, qui donne à peu près 40 francs par tête, suffit à tout. Quand on compare cette circulation à celle de la France, où, avec une masse d'échanges comparativement bien moindre, on emploie à peu près 100 francs par tête, en numéraire seulement, on est humilié pour son pays. C'est, d'un côté, le char embourbé dont" parle La Fontaine ; de l'autre, la fine locomotive qui vole sur les rails avec la légèreté de l'oiseau. Etonnez- vous ensuite de la différence que vous trouvez dans la situation industrielle des deux pays.
Comparée à l'importance de leur capital, la circulation des banques américaines, je parle toujours de celles qui appartiennent à la Nouvelle -Angleterre, est trop bornée pour inspirer aucune inquiétude ; d'autant mieux que, dans les conditions oii elle est faite, elle n'est sujette qu'à de très-faibles variations. Les avances faites au commerce n'excèdent aussi que d'environ un tiers le montant du capital. Oîi trouver de meilleures garanties de solidité et de sécurité?
Voici quelle était, en 1830, la situation des ban-
CHAI'. X. g 1. LES BANQ. AUX ÉTATS-UNIS. 407
ques dans les Etats de New-York, de IS'ew-Jersey et de Pensilvanie.