‹ Du cuivre dans les substances alimentairesChapitre 16 sur 17 · CUIVRE EN CONTACT AVEC DIFFÉRENTS LIQUIDES · texte numérisé non relu

CUIVRE EN CONTACT AVEC DIFFÉRENTS LIQUIDES

Je rapporterai ici les §§ XX et XXI du titre 2 de l’ordonnance du 28 février 1853.

§ XX. Il est défendu aux vinaigriers, épiciers, marchands de vins, traiteurs et autres, de préparer, de déposer, de transporter, de mesurer et de conserver dans des vases de cuivre et de ses alliages, non étamés, de plomb, de zinc, de fer galvanisé, ou dans des vases faits avec un alliage dans lequel entrerait l’un des métaux désignés ci-dessus, aucuns liquides ou substances alimentaires susceptibles d’être altérés par l’action de ces métaux.

§ XXI. La prohibition portée en l’article ci-dessus est applicable aux robinets fixés aux barils dans lesquels les vinaigriers, épiciers et autres marchands renferment le vinaigre.

J’ai fait des expériences avec un robinet de cuivre, avec du vin, du cidre, de la bière et du vinaigre. Non-seulement il devrait être défendu aux marchands de se servir de robinets de métal pour le vinaigre, mais également pour les autres liquides ; car il ressort de mes expériences que tous ces liquides , mis en contact avec le cuivre, en dissolvent suffisamment pour porter atteinte à la santé.

J’ai d’abord incinéré et soumis ces différents liquides aux réactifs avant d’y plonger le robinet. Celui-ci est resté en contact avec chacun d’eux pendant 36 heures.

500 grammes traités avant le contact ont donné :

Vin, traces de cuivre ; — cidre, rien ; — bière, rien ; — vinaigre, traces de cuivre.

500 grammes traités après le contact ont donné :

j Vin.0,03 de sulfure de cuivre ou 0,02 de Cu. j

i Cidre. 0,009 — 0,006 —

liière. 0,008 — 0,005 — j

Vinaigre. .... 0,039 — 0,026 — j

Ces liquides* soumis à la pile, donnaient des plaques .sensiblement recouvertes de cuivre, du reste rendu plus visible par l’exposition dans l’atmosphère d’hydrogène sulfuré.

L’élément platine et acier décelait également le cuivre.

On voit donc que l’ordonnance devrait s’étendre à tous les liquides potables, car ils peuvent tous dissoudre du cuivre.

M. Chevallier a fait des expériences sur des robinets en cuivre et sur le cuivre des cannelles des marchands de vins, e.t s’est assuré que souvent ce métal était arsenifère ; j’ai donc fait une expérience pour m’assurer s’il se dissolvait de l’arsenic en môme temps que du cuivre.

A cet effet, je.mis Je robinet pendant quatre jours en contact avec un demi -litre de vin ; j’évaporai ensuite à consistance d’extrait, puis je carbonisai par l’acide sulfurique. Après avoir pulvérisé le charbon, je le traitai à chaud par l’eau à plusieurs reprises-, et je soumis la liqueur à un appareil de Marsh qui fonctionnant à blanc, ne me donna pas la moindre trace d’arsenic.. La liqueur introduite peu à peu, ne m’en donna pas davantage.

Le robinet dont je me suis servi contenait-il de l’arsenic ou non? Je ne m’en suis pas assuré; le temps me presse trop pour me permettre de recommencer ces expériences.

Cependant, quoiqu’il soit mis hors de doute par les expériences de M. Chevallier que souvent le cuivre du commerce renferme de l’arsenic, il n’en est pas moins vrai que tout le cuivre n’est pas arsénifère, et s’il renferme de l’arsenic, ce ne doit être qu’en petite quantité; car il est de l’intérêt même du fabricant d’éliminer ce corps autant que possible, puisqu’il communique au cui vre la propriété de devenir cassant.

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