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condensées dans le Democrates secundus sive Dialogus de justis belli causis (1), et exposées sous forme de dialogue entre un personnage allemand Léopold et Democrates, sous le pseudonyme duquel se cache l’auteur lui-même. D’après Democrates, «ceux qui valent par la prudence et l'esprit, non par les forces du corps, sont de par la nature les maîtres; ceux dont l'esprit n'est pas développé, qui sont arriérés, bien que valides de corps, sont de par la nature esclaves; c'est là un bienfait, non une injustice de la nature, et il est permis d’invoquer à ce sujet l'Ecriture qui dit au livre des proverbes: Qui stultus est serviel sapienti. Barbares et sauvages doivent être amenés à une vie plus humaine, plus civilisée, à des mœurs plus douces; dans ce but, il est loisible de recourir à la force. » Et ailleurs: «Les Espagnols surpassent les barbares, comme l’homme mûr surpasse l'enfant, comme l’homme est supérieur à la femme, comme l'homme tempérant l'emporte sur l’homme intempérant, comme l'homme est au-dessus du singe. » Personne jusqu'alors n'avait aussi nettement posé le prétendu droit de la civilisation sur la barbarie. Sepulveda conclut: Si les Indiens, après que sommation leur en aura été faite, refusent d'accepter la religion chrétienne et de se soumettre au gouvernement espagnol, on peutles combattre et s'emparer de leurs personnes et de leurs biens.
Nous n’entreprendrons pas d’énumérer tous les arguments produits par Las Casas, devant l'assemblée des théologiens et jurisconsultes réunis à Valladolid,
(1) L'impression de cet ouvrage ayant été interdite, les théories de Sepulveda ne furent portées à la connaissance du public que par les nombreux manuscrits qui circulèrent alors. C’est seulement, en 1780, que parut à Madrid la première édition du Democrates secundus.
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