‹ Du Damnum Infectum: De l'Occupation comme mode d'acquisition de la propriété en droit des gensChapitre 64 sur 86 · ERA PS · texte numérisé non relu

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mait ainsi : L'Amérique aux Américains. Et lorsque M. Clay, successeur de M. Adams au secrétariat d'Etat, vient de nouveau affirmer que «l'Europe, qui repousserait certainement toute tentative d'implanter chez elle des colonies, est moralement obligée de respecter et de reconnaître ce même droit chez les peuples d'Amérique » (1); nous répondrons que l'occupation qui n’aurait pu s'exercer en Europe sans léser des droits acquis, était encore légitime dans certaines parties du Nouveau-Monde et qu’il était impossible d'assimiler, à ce point de vue, les deux continents. Nous invoquerons d’ailleurs, à ce sujet, un témoignage loin d'être suspect, celui de M. Calhoun, ancien ministre du cabinet Monroë. Au moment où l’on agitait au Sénat, dans la séance du 15 mai 1848, la question de savoir si on appliquerait au Yucatan la partie -de la doctrine de Monroë relative à la colonisation européenne, M. Calhcun prit la parole pour démontrer que cette doctrine avait été impolitique et inexacte ; « la déclaration, dit-il, allait au-delà du fait » (2).

Il est à peine besoin de dire que la règle arbitraire formulée par les Etats-Unis souleva, dès le début, les plus vives protestations de la part des puissances européennes, et notamment de l'Angleterre. M. Canning, qui avait été d'accord avec le gouvernement de Washington pour empêcher toute intervention dans la révolte des colonies espagnoles, soutint énergiquement le droit de l'Europe de fonder de nouvelles colonies dans les parties non occupées du continent américain. Enfin les principes contenus dans le message présidentiel ne furent jamais solennellement

(1) Calvo, $ 164. Correspondance échangée entre M. Clay et M. Poinsett, ministre des Etats-Unis au Mexique. (2) Beach Lawrence, op. cit. loc. cit.

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