SECTION III
Conflits postérieurs à la Conférence de Berlin.
$ I. — Affaire des Carolines.
Six mois presque jour pour jour après la clôture des travaux de la Conférence de Berlin, le 24 août 1885, la canonière allemande Jltis abordait à l’île d’Yap et déclarait en prendre possession au nom de l'Empire. L'Espagne protesta immédiatement contre cette occupation, revendiquant la propriété du groupe entier des Carolines dont fait partie l'ile d'Yap, et, après quelques pourparlers, les deux gouvernements tombèrent d'accord pour soumettre leur différend à la médiation de Sa Sainteté le Pape Léon XII (1).
Les arguments invoqués par l'Allemagne pour légitimer sa prise de possession peuvent se résumer ainsi : depuis un certain temps déjà, des sujets allemands avaient fondé sur divers points de l’archipel des Carolines un grand nombre d'établissements commerciaux, ce qui aurait été impossible si ces îles avaient fait partie du domaine colonial de l'Espagne, le commerce étranger ayant à lutter sur ce dernier avec des difficultés qui y rendent complètement impossible la création d'établissements commerciaux. Les navigateurs espagnols ont été les premiers à reconnaître le groupe des Carolines, c'est incontestable (2); mais jamais l'Espagne n'a su pro-
(1) Galvo, t. III, $ 1692.
(2) Dès la fin du xvr°siècle, ils avaient parcouru les principales parties de l'archipel auxquelles ils donnèrent différents noms. En 1686, le pilote Francesco Lascano aborda à l’île Falalep du groupe d’Ouluthy qu'il baptisa du nom de Caroline en l'honneur de Charles II, dénomination qui s’étendit bientôt à tout le groupe. Revue de géographie, septembre et octobre 1885. — Correspondant, 10 octobre 1885.
fiter de leurs découvertes, ni exercé dans ces parages une souveraineté effective. Les Européens qui s'y sont établis ont dû se protéger eux mêmes contre les indigènes et supporter tout le poids de la colonisation. D'ailleurs, en 1875, à la suite de tentatives faites par le consul espagnol à Hong-Kong de procéder à des actes officiels relatifs aux Carolines, l'Allemagne et l'Angleterre refusèrent de reconnaître les droits de l'Espagne, et le cabinet de Madrid, après avoir pris connaissance de leurs protestations, les laissa sans réponse. L'archipel pouvait donc être considéré à bon droit comme un terrilorium nullius.
Soit, mais alors l'Espagne, comme n'importe quelle autre puissance, restait libre d'y planter son drapeau! Or un point est certain : quatre jours avant l'arrivée de la canonière allemande, deux transports de la marine royale espagnole débarquaient à l’île d'Yap un gouverneur avec des fonctionnaires subalternes, un médecin, des missionnaires, un détachement d'infanterie et des matériaux destinés à la construction d'édifices publics (1). Cédant aux sollicitations des Européens établis dans ces parages, le gouvernement espagnol se décidait à y entretenir des établissements administratifs et militaires. Cette tentative d'organisation, antérieure au déploiement du drapeau allemand, devait assurer au moins à l'Espagne un droit de préférence pour occuper. M. de Bismarck la déclara sans valeur, se basant sur les deux motifs suivants : 1°elle n'avait pas été notifiée aux autres puissances, 2° elle avait eu lieu après que le gouvernement impérial avait lui-même annoncé l'intention d'établir son protectorat sur l'archipel (2). Mais, pouvait-on ob-
(1) V. Selosse, L’Affaire des Carolines, p. 9. (2) Rescrit du prince de Bismarck du 31 août 1885.
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jecter, dans le cas présent la notification n'était pas obligatoire, elle restait purement volontaire ; quant au second point, les faits venaient contredire l’assertion du Chancelier. L'ordonnance royale confiant au Capitaine général des Philippines le soin d'organiser la colonie (3 mars), le vote des crédits nécessaires, le départ des vaisseaux espagnols du port de Manille (40 août), tous ces actes annonçant les projets bien arrêtés du gouvernement espagnol étaient antérieurs à la notification adressée par le comte de Solms le 11 août 1885 (1).
Maintenant est-il exact que l'Espagne, avant ces derniers événements, se soit complètement désintéressée des Carolines? Le cabinet de Madrid soutenait qu'en dehors des mesures prises récemment à l’île d'Yap, le droit de propriété de l'Espagne sur l'archipel résultait suffisamment de toute une série d'actes, qu’elle y avait accomplis depuis la première découverte. En réalité, elle s'est bornée à y envoyer des missions scientifiques et religieuses, et si on ne pouvait méconnaître son influence civilisatrice dans ces régions, il était difficile d'admettre qu’elle les eût jamais soumises à l'exercice effectif de sa souveraineté.
Tenant compte dans une large mesure de cette influence et de l'organisation administrative tentée à la dernière heure par le gouvernement espagnol, le Souverain Pontife proposa, dans son Acte de médiation, de reconnaître la souveraineté de l'Espagne sur les Carolines, mais il ajoute : « Le gouvernement espagnol, pour rendre effective cette souveraineté, s’engage à établir le plus tôt possible dans le dit archipel une administration régulière avec une force suffisante pour garantir l’ordre et les droits ac-
(1) Selosse, op. cit., p. 53.
ir
quis » (1). Ce sont, à peu de choses près, les termes mêmes de l’article 35 de l'Acte général de Berlin et, à ce point de vue, la décision du Saint-Siège offre une importance capitale. Elle tend à prouver, en effet, que l'on ne devrait pas considérer l'efectivité, telle que l’a définie la Gonférence, comme une règle nouvelle restreinte à quelques territoires, mais comme la consécration d'un principe de droit international universellement applicable.
L'Acte de médiation réservait à l'Allemagne laliberté du commerce, de la navigation et de la pêche dans les Carolines et le droit d'y fonder des établissements agricoles.
Telles furent les bases de l’arrangement conclu entre les deux gouvernements et signé à Rome le 17 décembre 1885 par leurs représentants (2).
$ II. — Conflit anglo-portugais.
Dans le conflit précédent, un point est à noter : c'est le désir manifesté, dès le début, par les deux parties contendantes d'arriver à une entente amiable et d'éviter, durant le cours des négociations, tout ce qui pourrait troubler la bonne harmonie de leurs relations. M. Canovas del Castillo, alors à la tête des affaires étrangères, s’efforça de calmer en Espagne l'amour-propre national dont l'exaltation aurait pu devenir dangereuse; et, 1l faut le reconnaitre à l'honneur de la chancellerie allemande, elle fit tout pour lui faciliter cette tâche. Lès qu'elle eut connaissance des revendications du gouvernement espagnol,
(4) Calvo, $ 1696.
(2) Calvo; 8 1697.
elle ordonna de surseoir à tout acte d'exécution tant que la question de droit n'aurait pas été tranchée par l'auguste médiateur, et dans la suite elle n'hésita pas un instant à accepter les propositions du Saint-Siège.
Il n'en a pas été malheureusement de même ici. La longue querelle entre l'Angleterre et le Portugal, qui a duré près de deux ans, a pris à diverses reprises un caractère de gravité tel que l'on a pu craindre un dénouement sanglant. Des actes de violence ont été commis par les agents de la Compagnie anglaise Sudafricaine dans les contrées revendiquées de part et d'autre avec tant d'acharnement, et la diplomatie britannique semble avoir pris à tâche de blesser les susceptibilités d’un peuple qui a le tort de considérer l'Afrique comme un héritage séculaire, mais ne saurait oublier que ses navigateurs ont été les premiers à reconnaître les côtes du continent africain.
La possession des territoires en litige présentait, il est vrai, pour les deux gouvernements un intérêt des plus puissants; elle devait être en quelque sorte le couronnement de la politique suivie depuis longtemps par chacun d'eux. Ces territoires comprennent d'une part la région bornée au Nord par le Zambèze, à l'Ouest par les rivières Sanyati et Oum Fouli, à l'Est par les rivières Sabi et Mazæ et connue sous le nom de Mashonaland; d'autre part, une vaste contrée ayant pour limites au Sud le Zambèze, à l'Est la ligne de partage du lac Nyassa, au Nord l'Etat du Congo : les Anglais lui ont donné le nom de Nyassaland.
Quel est le plan de l'Angleterre? Former en Afrique un immense empire colonial dont les deux assises, la colonie du Cap et l'Egypte, seraient reliées entre elles par une bande de territoire se prolongeant sans solution de continuité du Nord au Sud; ce que dans un langage pittoresque lord Salisbury appelle le
corselet de la guëêpe. Voilà son but, elle travaille sans relâche à l’atteindre (1). Tandis que la colonie du Cap s'étendait peu à peu jusqu’au Zambèze, au Nord l'Angleterre pénétrait jusqu'au lac Victoria. Restait à relier le Zambèze au Victoria, et ici la convention anglo-allemande du 2 juillet 1890 est venue compromettre les plans du gouvernement anglais. Lord Salisbury a été obligé, en effet, de permettre que les possessions allemandes de la côte orientale, s'enfonçant dans l’intérieur jusqu’à l'Etat du Congo, rompent les anneaux de la chaîne destinée à relier le Cap aux sources du Nil. Il fallait empêcher à tout prix que pareil fait se renouvelât entre le Zambèze et le Nyassa: aussi l'Angleterre convoitait-elle ardemment le Mashonaland et le Nyassaland.
Mais, à l'exemple de l'Angleterre, le Portugal rêve lui aussi de posséder un empire colonial qui, traversant l'Afrique entière, mettrait en communication ses deux provinces du Mozambique et d'Angola. S'avançant l’un de l'Est à l'Ouest, l’autre du Nord au Sud, les deux Etats devaient fatalement se rencontrer : le choc se produisit dans les territoires précités, indispensables à chacun pour la réalisation de ses projets.
Le 9 novembre 1889, paraissait, dans la Gazette officielle de Lisbonne, un décret plaçant sous l'administration portugaise le territoire de Zumbo; d'après les limites indiquées, il embrassait le Mashonaland et le Nyassaland. Les protestations du gouvernement anglais ne se firent pas longtemps attendre; elles sont contenues dans la dépêche de lord Salisbury à M. Georges Glynn Petre, ministre de la Grande-Bre-
(4) Banning, op. cit., p. 54 et suiv. — Lavisse, la Vie politique à l'étranger, 1889. — Chailley, Le conflit anglo-portugais, Economiste, 4 et 18 janvier 1890.
tagne à Lisbonne, en date du 21 novembre 1889 (1), et marquent le commencement du conflit.
En ce qui concerne le Mashonaland, lord Salisbury déclare que depuis le traité conclu avec le roi Lobengula et dûment notifié au Portugal (11 février 1888), ce pays se trouve placé sous l'influence britannique. Quant aux droits de l'Angleterre sur le Nyassaland, ils résultent de la création d'établissements le long du Chiré et des bords du lac Nyassa, tandis que le Portugal n'a jamais pris effectivement possession de cette contrée et ny est représenté par aucune autorité capable d'exercer les droits ordinaires de la souveraineté.
Répondant à l'argument tiré de la convention avec le roi des Matébélés, le gouvernement portugais fit observer que depuis la notification officielle qui lui ‘en avait été faite, il n'avait cessé de protester contre cette convention. Dans l'immense région cédée par Lobengula, il y a un grand nombre de tribus Mashonas qui ne lui sont soumises en aucune façon, il n'avait donc pas le droit de disposer de leur territoire, et, à l'appui de cette assertion, on peut invoquer le témoignage d'explorateurs anglais eux-mêmes. Mais à l'unique base de droit alléguée par la Grande-Bretagne que peut opposer le Portugal? Il oppose la priorité de découverte, la cession qui lui a été faite en 1630 par Monomotapa de son empire (2), dans lequel se trouve compris le Mashonaland; « l'occupation effective pendant des siècles, les travaux d’évangélisation et d'exploration, les œuvres commerciales et militaires, les travaux de différents genres dont les traces
(1) Arch. diplom., année 1889,t. XKXXII, p. 306. ‘(2) V. Traités conclus entre l'empereur Monomotapa et le Portugal. Arch. dipl. 1890, t. XXXV, p. 200 et suiv.
se rencontrent à chaque pas dans ces régions » notamment la construction de forteresses. « Fonder des villes et des villages, conclut M. Barros Gomès, construire des chemins pourrait constituer un acte de domination passagère, mais fonder des forteresses, c'est un acte de possession définitive de la part de celui qui est entré dans le pays, s’y est fixé et ne veut pas se retirer » (1).
Le ministre portugais est bien obligé de reconnaître que la situation est loin d'être la même touchant le Nyassaland ; non seulement il n’est pas à l'heure actuelle l’objet d'une occupation effective de Ja part du Portugal,mais il ne l’a jamais été. Néanmoins, les prétentions de son gouvernement lui semblent suffisamment fondées en tant qu'elles reposent sur la priorité de la découverte du Nyassa par des sujets portugais, découverte qui remonte à l'année 1624, sur quelques expéditions dirigées vers cette contrée et enfin sur l'établissement à Mponda, au Sud du lac, d’une mission des Pères blancs du cardinal Lavigerie. Il n’y a d’ailleurs, ajoute-t-il, dans le droit public international, aucune disposition d'après laquelle une occupation effective serait une condition essentielle pour que l’on puisse reconnaître la souveraineté de l'occupant. La Conférence de Berlin, il est vrai, a édicté cette règle, mais elle l'a prudemment limitée aux régions côtières de l'Afrique (2).
(1) Dépêche du ministre des affaires étrangères de Portugal à M. Luiz de Soveral chargé d’affaires à Londres, Arch. dipl. 1889, t. XX XII, p. 310.
(2) Pendant l'échange de ces premières notes, parvint en Europe la nouvelle du combat livré par le major Serpa Pinto à la tribu des Makololos qui voulait s'opposer au passage de l'expédition envoyée au lac Nyassa. Au moment d'engager la lutte les indigènes arborèrent deux drapeaux anglais, espérant arrêter ainsi les troupes portugaises ; Serpa Pinto les fit
La revendication du Mashonaland par le Portugal était, croyons-nous, légitime. Nombre de documents, d'une autorité incontestable, viennent en effet corroborer les déclarations de M. Barros Gomès et établir que ce pays a été au xvret au xvr° siècle l'objet d'une colonisation très avancée, colonisation reprise dans ces derniers temps avec une nouvelle ardeur (1). Sur la seconde portion des territoires en litige, au contraire, on doit considérer ses prétentions comme absalument dénuées de fondement au point de vue juridique. Après des siècles d’inaction, le Portugal s'aperçoit que ces territoires dédaignés tant que personne ne faisait mine de s'en emparer constituent une richesse, et que ses capitaux y trouveront un emploi favorable. Pour s'en assurer la propriété il met en avant, à défaut d'autres moyens,ses droits historiques, c'est à-
«dire les droits que lui a conférés la priorité de découverte. Mais ne sont-ils pas depuis longtemps prescrits ? Voilà près de trois cents ans queles régions du
enlever et se fraya un chemin de vive force. D’après lui, ces drapeaux auraient été remis aux Makololos par M. Johnston, consul anglais à Mozambique. Abusant d’un sauf conduit délivré par le gouvernement portugais, il serait venu soulever des tribus amies du Portugal, ou du moins sans intentions hostiles, et commettre une véritable trahison. De son côté, l'Angleterre envisagea l'attaque du major contre une peuplade placée, disait-elle, depuis longtemps sous la protection britannique comme une violation du droit des gens. Quoi qu'il en soit de ces versions contradictoires, l'incident devait envenimer immédiatement le conflit entre les deux puissances. V. Lavisse op. cil. p. 183 et suiv. — Revue de géographie 1890, t. XX VI, p- 162.
(4) Le plus grand nombre de ces documents se trouve reproduit dans une brochure intulée : La Question soulevée dernièrement entre l’Anglelerre et le Portugal, considérée au point de vue international, et attribuée à un jurisconsulte portugais M. J.-B. de Martens-Ferrao. — Cfr. Revue de géographie, loc. cit,
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haut Zambèze et du haut Chiré ont été pour la première fois parcourues par’des sujets portugais, et aujourd'hui on n'y rencontre pas encore un semblant d'autorité. Oubliant que l'occupation purement fictive a été de tous temps condamnée par la science du droit international, il se renferme dans l'interprétation littérale de l'article 35 de l’Acte de Berlin, etse retranche derrière les termes restrictifs qui sont venus limiter l'engagement conventionnel pris par les puis- - sances. Rejetée jadis par Sa Sainteté le Pape Léon XIII, condamnée même, semblait-il, par la pratique des. Etats aù lendemain de la Conférence, cette interprétation paraissait malheureusement autorisée à l'heure actuelle par l'apparition de la doctrine de l’'Hinterland, qui allait servir de base à des prétentions au moins aussi exagérées que celles du Portugal.
L'Angleterre se trouvait-elle en meilleure situation ? Après avoir reproché à son adversaire l'absence de toute prise de possession réelle, pouvait-elle invoquer à son profit une occupation effective? Les établissements anglais situés le long du Chiré et au Sud du lac Nyassa, auxquels se réfère lord Salisbury dans sa dépêche du 21 novembre, consistent en une dizaine de stations appartenant à l'African Lakes Company et estimées dans un inventaire, dressé par la Compagnie elle-même (1), 1,100 livres sterling ! Il existe en outre une mission écossaise à Blantyre. Et c'est là ce que le gouvernement britannique considérait comme un commencement d'organisation suffisant pour lui permettre de revendiquer une contrée de plusieurs centaines de mille kilomètres carrés!
Son principal argument a été, en définitive, Le droit
(1) Il fut remis au major Serpa Pinto par un représentant de ‘ Ja Compagnie après l'expédition contre les Makololos. V. le Temps, 16 août 1890.
du plus fort, ainsi qu'en témoigne l'ultimatum brutal signifié au cabinet de Lisbonne d’avoir à évacuer itmédiatement le Mashonaland et à renoncer à toute prétention sur le Nyassaland. Ce fut sa seule réponse à M. Barros Gomès qui réclamait, pour mettre fin au conflit, la médiation et, à défaut de conciliation, l'arbitrage d'une puissance tierce. Il avait cependant le droit d'exiger cette procédure touchant une partie des territoires litigieux. Une portion du Nyassaland se trouve, eneffet, comprise dans les limites fixées par l'article 1° (al. 3) de l’Acte général de Berlin, c'est-àdire dans l'ensemble de la zône ouverte au libre commerce, et tombait par là même sous l'application de l'article 12 du même Acte (1). Lord Salisbury prétendit que le Portugal, par suite du combat livré aux Makololos, avait perdu le droit d’invoquer l’article 12, “attendu « qu'il en a de lui-même appelé aux armes avantle recours à la médiation et s est par conséquent mis en cas d'infraction avec l’Acte de Berlin » (2). Sans nous arrêter aux conséquences déplorables que produisit en Portugal l'ulfimaltum du gouvernement anglais (3), arrivons à la convention conclue entre les
(1) « Dans le cas où un dissentiment sérieux, ayant pris naissance au sujet ou dans les limites des territoires mentionnés à l’article 1° et placés sous le régime de la liberté commerciale, viendrait à s'élever entredes Puissances signataires du présent Acte ou des Puissances qui y adhèreraient par la suite, ces Puissances s'engagent, avant d'en appeler aux armes, à recourir à la médiation d'une ou de plusieurs Puissances amies. Pour le même cas, les mêmes Puissances se réservent le recours facultatif à la procédure de l'arbitrage. »
(2) Dépêche de lord Salisbury à M. Glynn Petre, 28 janvier 1890. L’uléimatum avait été remis le 11. Arch. dipiom., 1890, LV p.188:
(3) Le ministère Barros Gomès dut remettre sa démission et fut remplacé par le ministère Serpa Pimentel. Des scènes de violence eurent lieu à Lisbonne et à Oporto, et on put craindre un instant que le gouvernement ne fût obligé de capituler devant l'émeute. Lavisse, op. cit., 1890, p. 210 et suiv.