‹ Du DanemarkChapitre 27 sur 46 · QUESTION DES DUCHÉS · texte numérisé non relu

QUESTION DES DUCHÉS

et infini de la terre n'altérait en rien le principe d'union indissoluble, proclamé par Christian V^ en 1549; que les États , trop faibles pour s'opposer à ces morcellements, ont déclaré que, sous ces divers maîtres, la principauté est restée une et indivisible, et que les revenus seuls ont été et ont pu être partagés. Cela seraitil rigoureusement vrai, que la question de nationalité ne serait point tranchée. Pourquoi l'indivisibilité des deux Duchés aurait-elle rendu le Slesvig allemand plutôt que le Holstein danois? Peut-on supposer que le prince, qui a créé cette indivisibilité et qui était roi Scandinave, ait voulu, au détriment de son pays, concourir à l'agrandissement d'une race rivale?

Les haines de familles sont les plus profondes et les plus vivaces. Des guerres acharnées et incessantes éclatèrent entre les membres de la ligne royale et do la ligne ducale. En 1658, à Roeskilde, le lien féodal qui soumettait le SIesvig-Holstein au Danemark fut tranché par l'épée glorieuse de Charles-Gustave. Celui-ci rendit indépendant son beau-père, le duc de Holstein-Gottorp, qu'il avait voulu, mais qu'il n'osa pas, au dernier moment, cédant devant le prestige de la royauté , mettre à la place de Frédéric III détrôné. Mais Charles-Gustave n'avait fait que passer. En 1675, la guerre avait recommencé plus vive, plus acharnée que jamais. Le duc défait vit une partie de ses Etats séquestrés, et le Slesvig réuni au Danemark ; lui-même fut contraint de se réfugier à Hambourg. Cet état de violences dura jusqu'en 1689, oïl le traité d'Altona , conclu sons l'influence de l'Angleterre et de la Hollande , rendit tous ses droits au prince dépossédé.

Les États de la ligne royale et ceux de la ligne ducale

dans le Holstein et le Sles\ig n'étaient, pas même cantonnés, mais enche\êtrés les uns dans les autres. De là une source de difficultés sans cesse renaissantes qui finissaient toujours par une prise d'armes, par un acte de Yiolence. La politique des ducs était de s'appuyer sur le cabinet de Stockholm, antagoniste éternel rie celui de Copenhague. Stenbock, vainqueur à Godebiisch des Saxons et des Danois, incendia Alfona, dévasta la partie royale du Holstein , finit par se faire prendre à Tonningen avec toute son armée (1713), et paya d'une captivité éternelle les cruautés qui avaient souillé ses éclatantes victoires. Le Slesvis et le Holstein furent alors en entier incorporés au Danemark. L'empereur intervint et fit rendre à la maison de Gottorp tout ce qu'elle possédait en Holstein. Son intervention, se bornant au Holstein, prouve qu'il ne pensait pas avoir le droit de se mêler des affaires du Slesvig. En 1721, les États slesvickois prêtèrent serment de fidélité à Frédéric IV : « Secundum tenorem Legis Hegiœ. »

Voilà enfiin l'indissolubilité tout à fait rompue. Le Slesvig n'a plus rien de commun avec le Plolstein. L'année suivante (1722), la partie royale du Holstein est unie au Slesviij;. Kn 1725, le mariaoc d'Anna Petrovna avec Charles-Frédéric de Holstein-Gottorp semble le prélude des plus graves événements. A la mort de l'impératrice Éfisabeth, le Danemark ne voit qu'avec terreur monter sur le trône le plus puissant de l'Europe le fils d'une race ennemie et souvent traitée par lui, quoique née du môme sang, avec autant d'injustice que de sévérité. Mais, devant les décrets de la Providence , que sont les plus sages calculs des hommes ! Ce qui semblait devoir être une cause de ruine n'a fait au

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