A TRAVERS LE HULSTELN ET LA BALTIQUE
cillalions de terrain que j'avais aperçues à Pineberg se transforment en coteaux, en collines, et enfin en montagnes. Qu'elles soient les bienvenues î(l) Depuis Minden en Westphalie, je ne voyais que des plaines uniformément plates et boueuses ; voici enfin un obstacle qui arrêtera mes regards et les empêchera d'aller tristement se perdre à l'horizon.
Kiel est une petite ville de dix mille habitants, délicieusement située sur les bords de la Baltique, au bout d'un golfe enchanteur ; c'était autrefois une ville d'étude et de plaisir. La noblesse, attirée par les beautés de la nature nulle part plus séduisantes, s'y était réfugiée en masse, quand, dépouillée de ses privilèges et éprouvant le besoin de vivre d'une vie commune aux autres classes des citoyens, elle avait abandonné ses vieux manoirs que l'isolement et l'ennui rendaient inhabitables. Le chemin de fer qui relie Hambourg à Kiel, ou plutôt l'Elbe à la Baliique , a changé les destinées de cette paisible cité. Cet asile de la science et de l'aristocratie doit devenir par la force des choses le centre bruyant d'un grand commerce ; sa situation entre la Baltique et la mer du Ps'ord est admirable.
L'étendue, la sûreté, la profondeur des eaux de son port y doivent attirer un jour, au détriment de Liibeck qui se meurt, tous les navires destinés au Danemark, à la Suède et à la Russie. Mais en Allemagne tout se fait avec sagesse et partant avec lenteur. Kiel n'a pas encore perdu son ancien aspect. La race affairée des courtauds de boutique n'a envahi que la basse ville. Dans les hauts quartiers, l'étudiant à la casquette rouge bordée
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de blunc^ le professeur à la longue redingote noire , le hobereau au paletot vert garni de brandebourgs, tiennent encore le haut du pavé , et semblent décidés à ne le céder à personne. Vains efforts ! un temps viendra oià tout ce monde d'élite sera envahi, submergé par le flot chaque jour croissant des gens de commerce. Dans les desseins de la Providence, Kiel est destinée à devenir l'héritière de Liibeck et la rivale de Stettin.
En attendant cette transformation, Kiel est une ville calme autant qu'une ville d'université peut l'être , propre, régulièrement bâtie. La place du Marché, qui, par exception , est très-irrégulière et très- vaste , fait contraste avec le reste et offre de l'intérêt à un touriste. Au sud se trouve la halle, bâtiment tout moderne, et au nord, le corps de garde, entouré de maisons neuves. A l'est s'élèvent des maisons anciennes, d'une construction très-originale, les unes en bois avec balcon adhérent au mur et surplombant à chaque étage, les autres en briques, terminées par des chapiteaux en bois sculpté et ayant la façade ornée de colonnes en saillie entre lesquelles se trouvent d'innombrables ouvertures rondes qui servent de croisées. A l'ouest, les maisons, bâties dans le même style , sont dominées par l'église Saint-Nicolas , où repose le duc Adolphe IV, le bienfaiteur de la ville.
Je vis la place un jour de marché. Les paysans avaient leurs costumes nationaux. Ceux du Probstey sont trèsoriginaux et très-jolis chez les femmes. A midi, la musique militaire se mit en rond devant le corps de garde et joua quelques morceaux d'ensemble d'iuie manière délicieuse. Les paysans accoururent à ces accents méhxliPMx. Je jiris un vérital)Io plaisir h voir réunie sous