‹ Du danger d'habiter trop tôt des maisons nouvellement bâtiesChapitre 2 sur 10 · DU NÉCROLOGE PARISIEN · texte numérisé non relu

DU NÉCROLOGE PARISIEN

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StllTE D'OBSERVATIONS SUR LES MALADIES (H^RTELLES QUI RECOWBAISSEMT POUR*CAl)SE PARTICULIERE , ET HON EOB1VOQUE , l'iF- SALUBRlti DES HABITATION» HUMIDES OU

nouYELiBMEHr bâties.

Paris renferme une classe nombreuse d'individus qui sont destinés à être les victimes des conditions de la vie sociale , les uns par légèreté , les autres par la plus dure des lois , celle de la

nécessité. Sans exclure personne, ce n'est point pour cette classe que je rapporterai les observations suivantes ; elles auraient le sort du bon grain semé le long du chemin ou dans les épines. Il est une autre classe qui, avec plus déraison et de lumières , et dans une position plus heureuse , pêche néanmoins par une ignorance dont est coupable notre, éducation la mieux soignée *. A celle-là sans doute , il ne faut que montrer tout le danger auquel expose une con-

* Je regrette de ne pouvoir justifier ici cette sortie contre notre éducation ; mais le peu détendue d'une simple note s'y refuse. J'en ferai quelque jour tin article

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duile aveugle , pour l'engager à suivre les conseils de la sagesse et de l'expérience , c'est à elle plus particulièrement que je m'adresse, proposant moins ce qu'il faut faire que ce qu'il faut éviter.

Il me serait facile de multiplier les observations du genre de celles que je vais rapporter; les matériaux ne me manquent pas. Mais pour ne pas oie rendre fastidieux et Tatigant , je me contenterai d'en prendre un petit nombre parmi celles que j'ai recueillies , et de faire choix de celles qui sont les plus complètes , les plus saillantes et les plus propres à faire l'impression que je veux produire. C'est

(Jans la même intention que ju prendrai la forme de la narration qui n'est pas médicale. Je n'écris pas pour les médecins , quoique quelques-uns puissent en profiter.

Je les diviserai en deux sections :

dans la première il sera question des maladies occasionées par les habitations humides; et danslaseconde de celles qui peuvent être attribuées spécialement et sans équivoque aux maisons nouvellement bâties. Je prendrai plusieurs observations de cette dernière , et je pourrais dire la presque totalité dans une même maison , sans qu'il soit entré dans mon intention de la désigner en particulier.

Je n'ai aucune raison d'agir ainsi , et ce serait d'ailleurs jeter sur elle une défaveur qu'elle ne mérite pas plus que beaucoup d'autres, car, au moment où j'écris, un grand nombre de maisons de tous les quartiers ne sont ni plus ni moins malsaines à habiter pour le présent. Grâce aux soins du gouvernement , Paris s'embellit et s'assainit de jour en jour : des rues étroites sont remplacées par des rues larges; des maisons entassées les unes sur les autres , sont traversées par des percées dans plusieurs sens. Des compagnies et de simples particuliers ont également contribué à l'aire, de quel-

ques quartiers un séjour aussi sain qu'agréable, et d'un aspect enchanteur *. Mais d'autres particuliers ne se modèlent pas tous sur un si bel exemple. La cupidité qui est la maladie morale du moment ; les spéculations de l'agiotage sur les maisons ; l'intérêt sordide de quelques maçons , soidisant architectes, dont toute la science consiste à mettre des pierres les unes sur les autres, pour gagner sur la façon ; la confiance

* Tel est dans le quartier du faubourg Poissonnière mie partie des rues d"Enghien , Haute ville , et surtout le passage Violet, qui traverse de la dernière rue à celle du faubourg Poissonnière.

mal placée d'un assez grand nombre de propriétaires , ont trouvé le moyen de faire autant de mal que le gouvernement a fait de bien sous le rapport de la santé publique. La disposition de quelques maisons nouvellement bâties est telle, qu'elles tomberont de vétusté avant d'être habitables , longe fuge. D'autres qui étaient saines et agréables parce qu'elles avaient des cours n'en ont plus, ou n'en ont que de tellement petites et étroites , qu'elles ressemblent plus à des conduits de cheminée qu'à des cours. Les bâti— mens qui les entourent n'ont que quatre étages, parce qu'un régle-

ment de la police des bâtimens a fixé à cinquante-quatre pieds la hauteur des maisons , sans quoi lesétages s'élèveraient, s'il est permis de le dire , indéfiniment. Tirer à la location , voilà le mot du jour , qui part de bouches intéressées, circule dans le monde, et sert de règle à beaucoup de personnes , qui ne réfléchissent pas qu'en se conduisant d'après, elles ne servent pas toujours leurs intérêts et desservent à Coup sûr la société pour long-temps *.

Il est une chose plus délicate que celle des maisons , c'est celle

* La durée moyenne des maisons à Paris , est de 3oo ans.

de parler des personnes qui les habitent. Mais cela était inévitable dans la position où je me suis rencontré. On ne peut trouver les choses que là où elles sont, et les prendre qu'autant qu'elles sont accessibles. La circonspection que j'ai mise dans mes paroles , la manière générale dont je me suis exprimé , garantit ceux dont il est question de toute espèce d'offense, et me met à l'abri du reproche.

Ce que j'ai dit des personnes que j'ai en vue , pourrait se dire également d'un grand nombre d'autres personnes de tous les quartiers. Il n'y a pas de ville plus variée que Paris, sous certains

rapports , et en même temps plus semblable à elle-même sous d'autres. Il me fallait des exemples.

Je ne fais pas malignement et pour égayer le lecteur une- peinture des ridicules du moment, encore moins une satire des mœurs et des usages de tels ou tels en particulier, mais, un tableau général d'un aspect affligeant et douloureux , qui puisse imprimer une terreur salutaire aux imprudens , et instruire efficacement ceux qui vivent sans le savoir au milieu d'un danger certain et imminent.

Je dis ce que je vois devant moi , j'exprime ce que je sens, à la vue d'un grand nombre de personnes

detoutàgéet de tout sexe . qu'une position inexorable condamne à une mort prompte et certaine, où qui ne survivent à l'arrêt prononcé contre eux que par une espèce de sursis, lequel n'est qu'une rigueur de plus ajoutée à leur coudamnation.

Enfin une raison toute médicale m'a forcé de me conduire ainsi que je l'ai dit ; la voici : Rien n'est plus difficile à Paris que de suivre une observation dans tous ses points. L'étendue de la ville , la distance à laquelle on est les uns des autres, les mutations fréquentes, le passage des individus ou desfamilles d'un quartier dans

un autre qui est opposé; la diflîculté de savoir ce qui se passe d'indispensable à noter; l'inconstance des malades qui, avec ou sans motif, changent de médecin comme on change de vêtement : toutes ces causes réunies et d'autres finissent par engendrer le dégoût, et font qu'on renonce à recueillir des faits, ou si l'on persiste, qu'on n"a que des fragmens d'observation, des lambeaux qui ne sont d'aucune utilité. J'ose donner celles que je propose comme exactes et complètes.

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