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nismes qu’on y injecte (ces auteurs n’ont pas expérimenté avec le bacille de Koch). Nocard ‘ a montré que les bacilles de Koch, injectés dans les veines du lapin, disparaissent du sang au bout de peu de temps. Mais jusqu'ici on n'avait fourni que des faits expérimentaux, Jousset ? le premier apporta des preuves empruntées à la clinique : « Chez deux jeunes filles entrées à l'hôpital Beaujon dans le service du professeur Debove, on diagnostiqua un embarras gastrique fébrile. Le séro-diagnostic ayant été plusieurs fois négatif, les malades ayant notablement maigri, je fus appelé à pratiquer la recherche du bacille de Kock. Elle fut d’abord positive, puis la fièvre, peu marquée d’ailleurs, étant tombée, un nouvel examen fut pratiqué inutilement, et les malades en apparence guéries, complètement apyrétiques, quittèrent l'hôpital peu après. ».
« Des cas de ce genre, ajoute Jousset, légitiment pleinement la création des bacillémies telles que les a admises le professeur Laudouzy sous le nom de typho-bacillose, ou dé fièvre infectieuse tuberculeuse ou de fièvre tuberculeuse prégranulique curable. »
De pareils faits, c’est incontestable, obligent à reprendre à la lumière de ces nouveaux documents la question des septicémies tuberculeuses. C'est ce que nous allons essayer de faire maintenant en montrant de quelle importance est pour nous cette question.
b) /nfection sanguine tuberculeuse, — « De même qu'on peut être labétique sans être alaxique, de même on peut être bacillaire sans être tuberculeux. Je vous démontrerai sans peine de par la clinique, de par l'anatomie pathologique,
! Nocarp, — Cong. pour l'étu le de la Tuberculose, quatrième Session 1898 p 661.
? Jousser. — Septicémie tub. — Soc. méd. des Hôp. 1903 p. 522.
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de par la médecine expérimentale, qu'on peut avoir été, demeurer, mourir ou guérir bacillaire sans devenir, eliniquement parlant, tuberculeux !.»
Comme le ‘professeur Landouzy, auquel nous empruntons celte citation, nous envisagerons la question d'abord el surtout au point de vue clinique, puis au point de vue anatomo-pathologique et enfin au point de vue expérimental. Nous aurons souvent, dans le courant de cette étude, à invoquer le nom et l'autorité de celui qui l’a faite sienne, pour ainsi dire; avec un sens clinique et une prédiction lumineuse qui lui font le plus grand honneur, Landouzy, en effet, défend depuis près de vingt ans cette idée des typho-bacilloses, des septicémies tuberculeuses, comme on les appelle aujourd’hui.
Ainsi qu'il le dit très bien : « Il ne s’agit?, dans les faits, que nous avons en vue, ni de la tuberculose vulgaire chronique où subaiguë, n1 de la tuberculose rapide, ni de la
tuberculose granulique d'Empis. I s’agit d'infection bacil-
laire aiguë dans laquelle le patient, mis à mal par une infection générale fébrile à caractère typhoïde, meurt ou sort de son infecuion bacillaire, avant que celle ci pousse assez loin pour que, la germination du granulome se faisant, se forment et se dénoncent les granulations tuberculeuses.» Malheureusement, on comprend combien le diagnostic de ces cas est difficile. Comment affirmer qu'il s’agit de
tuberculose ? On est toujours dominé par cette idée
qu'une issue fatale doit forcément, à plus où moins brève échéance, succéder à la tuberculose aiguë. Aussi, la plupart du temps, quand on voit un malade auquel pourrait s’appliquer ce diagnostic, ne manque-t on pas, s'il a le bonheur
1 Lanvouzy, — De la typho-bacillose. Semaine médicale 1891 p. 225. 2 Lanouzy. — Congrès pour l'étude de la Tuberculose ?e Session 1891 p. 620.
Le GAME
de guérir, de penser qu’on s’est trompé et qu’on se trouvait en présence d'un état infectieux quelconque : grippe, embarras gastrique, fièvre muqueuse, typhoïdette ou même typhoïde à forme anormale.
L'évolution ultérieure seule peut donner raison à celui qui croit malgré (out à la tuberculose, et l’on voit en effet ces états indéterminés être souvent suivis d’une localisation tuberculeuse qui ne fait de doutes pour personne; c’est que les malades de cette catégorie, avant de devenir des tuberculisés, restent plus ou moins longtemps des bacillisés, ils font de la prétuberculose avant de faire de la tuberculose; c’est pourquoi Landouzy ‘ soutient que ces cas se rencontrent plus fréquemment en ville, où il est plus facile de suivre les malades qu’à l'hôpital, d'où ils peuvent sortir en apparence guéris.
Disons de suite qu'il est irrationnel de penser que la guérison suffit pour faire éliminer d'emblée le diagnostic de typho-bacillose, car, comme ne craint pas de le dire toujours le même auteur *
Pourquoi vouloir maintenir dans tous les cas un pronostic fatal. Je dis et je soutiens que la fièvre infectieuse tuberculeuse est susceptible de se terminer par guérison ». En 1891, il rapportait cinq cas de guérison datant de 12, 9, 7,5 et 4 ans et il disait 5: « Avec ce que nous savons de l'histoire naturelle de la bacillose, avec ce que la fine analomie pathologique nous apprend de la formation des granulations élémentaires, avec ce que l’expérimentation nous a montré du temps, des voies el moyens nécessaires à l’invasion de la bacillose et à sa transformation en foyers de
! Lanpouzv. — Fièvre infectieuse tuberculeuse aiguë. — Gaz. des Hôp. 1886. p.42. ï ? Lanpouzy. — Jbid
3 Lanpouzy, — Sem. méd. 1891, 227.