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tuberculose, avec l'interprétation que nous avons aujourd’hui des cellules géantes, avec ce que nous connaissons de Ja phagocytose, avec ce que nous savons qu’on peut attendre de son rôle défensif et curateur, avec ce que nous savons du rôle du système nerveux pour mettre les terrains en opposition ou en connivence avec les parasites, avec ce que nous savons de la firation de l'enkystement el de la remise en circulation des bacilles de Koch, nous arriverons à comprendre pourquoi et comment— question de nombre et de virulence de bacilles, question de résistance ou de défaillance des terrains — la typho-bacillose peut guérir {la bataille finissant faute de combattants ) ou préparer à plus ou moins brève échéance la tuberculose. »
À noter que cette fixation, cet enkystement, cette remise en circulation des bacilles de Koch dont parle Landouzy, ont été vus et prouvés par Jousset ‘ dans un cas étiqueté par lui : bacillémie paroxystique et dans lequel il ne retrouvait les bacilles dans le sang que par intermittences, ayant vraisemblablement pour foyer originel une adénopathie trachéobronchique.
Ces faits de typho-bacillose étaient certes trop nombreux pour que depuis longtemps les cliniciens ne les aient observés et ne soient venus appuver de leur autorité les opinions émises par Landouzy.
Unides premiers, Kiener soutint la même manière de voir que Landouzy ; on peut trouver ses idées exposées dans les thèses de Papon*el de Jeannel*; nous extrayons de la première la phrase suivante: « La tuberculose est une
1 Jousser. — Soc. méd, des hôp., 1903, p. 519,
2 Papon, — De la fièvre tub. infectieuse aiguë.— Th. de Montpilier 1885-1886, n° 17, p. 5.
3 Jeannez. — Des fièvres tubercuieuses et de leur trait.par l’antipyrine, Th. de Montpellier, 1886-1887, nv 38.
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maladie infectieuse,et comme pour toute maladie infectieuse, il suffit qu'une quantité infinitésimale de virus ait pénétré dans la circulation pour donner lieu à une pyrexie accompagnée de symptômes plus ou moins graves. »
Un an après sa thèse, Jeannel fit au Congrès de la tuberculose une communication sur le même sujet.
Dans une leçon clinique sur la fièvre initiale des tuberculeux, le professeur Grasset? disait, en 1890: « Les fièvres continues, les pyrexies, forment une échelle variable depuis la synoque jusqu’à la prolongée de quatre semaines et plus, et ce groupe symptomatique entier est considéré comme appartenant au seul groupe de l'infection typhique ou dothienentérique (Kelsch et Kiener). Les recherches récentes prouvent que ce même groupe symptomatique, celte même échelle de tvpes sériés peuvent appartenir à l’infection tuberculeuse. À
Le bacille de Koch comme le bacille d'Eberth peut créer un état infectieux général dans lequel la fièvre joue le principal rôle symptomatique et constitue une pyrexie dont les types s'échelonnent depuis l'embarras gastrique fébrile jusqu’à la fièvre typhoïde. Dans ces faits la lésion tuberculeuse est à peine indiquée, elle existe juste assez pour signer le diagnostic nosologique ; quelquefois même, elle manque ou plutôt elle échappe complètement à nos moyens d’investigations et il faut alors l’histoire ultérièure de la maladie pour établir un diagnostic tardif. On voit plus que vous ne croyez des gens qui ont des séries de fièvres typhoïdes, de fièvres muqueuses ou encore d’embarras gastriques fébriles à durée plus ou moins longue : la première atteinte est claire, la seconde étonne, la troisième paraît extraordinaire,
! JEANNEL. — Cong. pour l'étude de la tuberculose, {re Session,1888, p. 449. ? GRasser. — Lec. declin. médic. t, IL,p. 6.
ee) 0 DE on s’y perd, on ne comprend pas jusqu'au jour où les signes physiques des lésions tuberculeuses viennent éclairer le diagnostic, souvent trop tard pour un traitement efficace. »
On voit que le professeur Grasset insiste surtout sur cette analogie qui existe entre la fièvre tuberculeuse et la fièvre typhoïde; c'est, en effet, un des points qui ont le plus frappé les auteurs et que Landouzy avait lui-même en vue quand il créait son mot de typho-bacillose. Empis luimême consacrait le chapitre V de son ouvrage ‘ à l'étude de l'affection granulique à forme typhoïde.
Nous retrouvons la même idée exprimée par Dreyfus-. Brisac ? : « Dans ces cas l'infection générale domine le processus et peut entrainer la mort, alors que les localisations tuberculeuses bien peu accusées restent muettes au point de vue sémiologique comme la variole ou la scarlatine tuent parfois avant que les éruptions caractéristiques aient eu le temps de se produire.
Mais l’économie ne succombe pas toujours dans cette lutte contre le bacille ; il peut aussi arriver que l’action du germe morbide s'épuise sans donner naissance à des lésions locales cliniquement appréciables et que la véritable nature de ces fièvres tuberculeuses guéries, portées au compte de l'embarras gastrique ou de Ia fièvre typhoïde reste méconnue, à moins qu'un incident nouveau ne mette sur la voie du diagnostic...
Deces faits qui simulent une dothienentérie grave où la virulence bacillaire atteint son maximum, la terminaison est constamment fatale ; mais il est des cas où l'organisme résiste à l’intoxication et parfois même en triomphe. La physionomie clinique est alors celle d’une fièvre typhoïde
! Euris.— De la granulie, 1865, p. 109.
2 Drevrus-Brisac. — De certaines formes de bacillose aiguë prétuberculeuses. Gazelle hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie,, 1891, p. 473.
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de moyenne intensité ou même moins sévère ; entre la forme que nous venons de décrire et ces fièvres tuberculeuses atténuées, il existe la même distance, et la clinique montre les mêmes types de transition qu'entre la fièvre typhoïde confirmée et certains embarras gastriques fébriles, également dus au bacille d’'Eberth . .
Quels ques soient les symptômes du début, qu'ils rappellent ceux de l’embarras gastrique ou de l’impaludisme, la scène change bientôt. Tantôt l'ataxo-adynamie se prononce, et la mort survient comme dans la fièvre typhoïde sans localisations cliniquement appréciables du côté des poumons ou des autres organes. Tantôt une lésion se dessine à l’un des sommets, et alors, ou bien le malade succombe rapidement par l’aggravation simultanée des lésions locales et des troubles généraux, ou bien, ceux-ci restant stationnaires, c’est la note pulmonaire qui domine, et l’évolution se continue dans le sens, soit de la phtisie galopante, soit de la phtisie chronique vulgaire. Tantôt enfin, et ce sont les faits les plus difficiles à interpréter, il se produit une amélioration progressive et le malade finit par revenir à la santé, au moins en apparence. Evidemment, lorsque le malade guérit, le diagnostic de tuberculose reste des plus problématiques et l’on croit avoir cause gagnée au moment où l'infection bacillaire se démasque soit par des signes d'induration au sommet, soit par l'apparition d'une pleurésie dont l’évolution ne laisse pas de doutes sur son origine tuberculeuse, soit, enfin, par l'éclosion d’une méningite tuberculeuse. :
La rémission peut être beaucoup plus prolongée, à telles enseignes qu'il semble légitime de croire à une guérison définitive. Des semaines, des mois se passent après la disparition de semblables états muqueux mal dessinés et l’on en à pour ainsi dire perdu le souvenir lorsqu'apparaissent
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des manifestations tuberculeuses franches, et l’on est alors à se demander s’il ne fallait pas voir dans ces affections étiquetées fièvres typhoïdes ou embarras gastriques fébriles, une première atteinte en quelque sorte avortée de l'intoxication bacillaire.
S'1l existe des rémissions prolongées, ne peut-il survenir aussi une guérison définitive pour la tuberculose aiguë comme pour la tuberculose chronique. Pour notre part, nous pensons non seulement qu'il faut mettre à l'actif de cette infection maints syndromes réputés embarras gastriques simples ou fièvres typhoïdes, mais encore nous nous inserivons volontiers en faux contre le caractère absolument fatal,
assigné d'habitude à l’intoxication tuberculeuse aiguë. Un
jour viendra peut-être où l’on reconnaîtra que pour la plupart nous payons, à un degré plus où moins accusé, notre tribut à la tuberculose comme il en est, semble-t-il, pour l'infection typhoïdique. Est-il, d’ailleurs, si paradoxal d’admettre la curabilité de cette variété de bacillose aiguë, alors que nous voyons guérir Jusqu'à des pneumonies tuberculeuses à expectoration fourmillant de bacilles ? Malheureusement, pour trancher cette question, il nous manque un critérium certain de l’intoxication tuberculeuse à son début.»
Nous n'avons pas hésité à donner cette longue citation, car elle vient trop bien à l'appui de notre manière de voir, en traduisant on ne peut mieux l’idée que nous nous faisons de l'infection tuberculeuse ; nous aurons l'occasion de revenir sur la fréquence de cette infection. Quant au critérium réclamé par Dreyfus-Brisac, nous avons vu que nous le possédions aujourd’hui.
A propos de la ressemblance qui peut exister entre ces formes de tuberculose et l’impaludisme, ressemblance sur laquelle les médecins des pays chauds ont insisté, nous citerons l'observation suivante :