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OBsenvaTioN |. — (personnelle). Louis V..., âgé de 33 ans, employé de commerce, entre à l’hôpital dans le service de M. le professeur Grasset, salle Fouquet, n° 28, le 15 avril 1902.
Du côté de ses antécédents héréditaires, le malade nous apprend qu’il a perdu son père après une maladie qui a duré dix-sept ans (?) Sa mère est bien portante; sa femme également Il a deux enfants en bonne santé et en a perdu un en bas-âge.
Quant à lui, sauf quelques angines, il n’a jamais été malade ayant la maladie qui nous l’amène. Il y a 4 mois, V... a eu l’influenza {?) qui a été suivie d’une fièvre qui, quoique continue en réalité, avait les apparences d’une fièvre intermittente ; le malade raconte qu'il avait jusqu’à 2 accès par jour et la température atteignait et dépassait même 39° à ces moments-là. V.... ayant habité des pays où sévissait le paludisme, on lui administra de la quinine, qui au reste fut sans effet. Au bout de quelque temps, une quinzaine de jours avantd’entrer à l'hôpital, la fièvre était tombée sans aucune intervention. |
Le 16 avril, le lendemain de son entrée, V.... nous dit qu'il tousse et crache un peu, il accuse, en outre, une légère douleur au sommet droit, il y a eu un peu de sang dans les crachats.
Du côté de l'appareil digestif, nous trouvons à signaler de l’anorexie avec des digestions difficiles et lentes et des alternatives de diarrhée et de constipation.
Les autres appareils sont sains et ne présentent rien de particulier.
Le malade a dépéri depuis le début et il aurait perdu, paraît-il, 10 kilos, en quatre mois.
La température était hier au soir : 37°3 et ce matin : 36°7. Le pouls est à 76 dans la position allongée et à 84 dans la position assise, la tension est de 12 et 1/2.
À l’examen du thorax, on trouve en avant et à droite une légère . submatité au sommet avec une obscurité respiratoire relative par rapport au côté gauche et peut-être quelques sous-crépitants secs.
En arrière et du même côté, submatité en sablier,obscurité, mais on ne retrouve pas de râles.
Rien au cœur. — Langue normale, — Ventre ni ballonné ni douloureux.
M. le professeur Grasset, en présence de l’évolution et des signes
ABLE DORUR
trouvé à l'examen, étiquette la fièvre dont nous avons parlé au début de fièvre prébacillaire, mais il ne manque pas de nous faire remarquer la difficulté du diagnostic différentiel au début avec la fièvre paludéenne au moment où encore il ne devait y avoir aucun signe stéthoscopique.
La recherche du bacille de Koch dans les crachats fut négative ; on institue un traitementau malade qui consiste surtout à le suralimenter dans la mesure du possible ; malheureusement,nous ne pouvons en apprécier les résultats, car le malade sort peu de jours après son entrée.
D’autres auteurs encore se sont occupés des septicémies tuberculeuses, nous n’avons pas l'intention de les citer tous ni de faire l'historique de la question, nous ne prenons que ce qui paraît pouvoir nous servir :
Aviragnel ! pense que, si la typho-tuberculose, comme il l'appelle, est mal connue de la majorité des médecins, cela lient à ce que l’on à englobé sous le nom général de granulie les diverses manifestations de la tuberculose aiguë et qu'on n’a pas suffisamment différencié les formes qui guérissaient de celles qui tuaient presque fatalement, car pour lui, bien qu’il n’y ait qu’une différence de degrés, la typho-tuberculose doit être regardée comme une forme de tuberculose aiguë particulière, évoluant à la manière d’une dothienentérie, d’une façon pour ainsi dire cyclique et « aboutissant généralement à la guérison. »
Signalons,en passant, l’article de MM.Grancher et Barbier* dans le traité de Médecine et de Thérapeutique.
Tout dernièrement, Debove*, au sujet d’une observation de bacillémie tuberculeuse subaiguë, diagnostiquée après la
1 AvIRAGNET. — Tuberculose des enfants. — Th. de Paris, 1891-1892, No 151,
Pe 31.
2 GRANGRER et Barmier. — Traité de Méd. et de Thérap.t. VII, p. 752.
3 Depovse. — Bacillémie tubercul, subaiguë. — Gaz. des Hôp. 1903, p. 289.
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mort, grâce au procédé de Jousset, émet l’opinion suivante : de même que le streptocoque et le staphylocoque peuvent amener soit des accidents locaux (érysipèle-pneumonte) ou généraux, (streptococcie-pneumococcie), de même le bacille de Koch peut donner lieu à des accidents locaux (pulmonaires ou autres) ou à une infection tuberculeuse (bacillémie”.
Quelques jours après, Poncet',à propos d’une observation que nous aurons l’occasion de citer, disait : « Il est fort possible, comme nombre de médecins le croient volontiers, que pas mal d'états fébriles plus ou moins graves, qualifiés du nom de fièvres de surmenage, de croissance, d’embarras gastriques, de grippes infectieuses, etc., ne sont autres que des infections tuberculeuses. »
Enfin, Jousset, toujours dans cette même communication à la Société Médicale des Hôpitaux dont nous avons déjà donné des extraits, dit : « La curabilité entrevue par M. Landouzy me paraît démontrée ou tout au moins une curabilité transitoire, car j'ignore encore quel est le sort définitif réservé à cette catégorie de malades... L'expression de prégranulique seule me semble critiquable, car elle éveille l’idée de succession dans les idées et de rattachement à la granulie qui n’estpas prouvée. Le mot de bacillémie, vague à dessein, me semble préférable ; mais la réalité de l’infection, et d’une infection temporaire supposée et admise par M. Landouzy, me paraît absolument prouvée aujourd’hui.
Ainsi donc, ce qui s’est passé pour les autres microbes se réalise aujourd’hui pour le bacille tuberculeux ; la généralité des septicémies s'affirme en même temps que se perfectionnent les techniques, et à côté du streptocoque, du staphylocoque, du pneumocoque, communément retrouvés dans le
1 Poxcer, — Tuberculose septicémique, rhumatismale, spécifique ou classique.— Soc. de Chir. 1903, p. 405.
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