CHAPITRE IV
Quelques considérations sur la tuberculose des séreuses en général
Nous venons de voir comment le bacille arrivait aux séreuses, quelles voies il suivait; nous allons voir maintenant pourquoi il s’y localise, et brièvement ce qui résulte de cette localisation.
Pourquoi s’y localise-t-il ?
Dans cette question, il faut envisager à part le terrain et la graine, et se demander ce qui revient à l'un ou à l’autre dans cette étiologie.
T. Terrain. — Nous n’allons évidemment pas nous arrêter sur toutes les causes, telles que fatigues, misère, excès, surmenage, insuffisance d’aération, mauvaise alimentation, etc., etc., qui affaiblissent l'organisme et le prédisposent à la tuberculose d’une façon générale, mais ne pourraient nous expliquer pourquoi cette tuberculose se localise sur les séreuses.
Voyons donc quelles sont les raisons qui peuvent entrer en ligne de compte.
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Nous attirerons d’abord l’attention sur cette particularité intéressante — et sur laquelle nous reviendrons quand nous parlerons du pronostic, — à savoir que cette localisation de la tuberculose sur les séreuses. se rencontre très souvent chez des individus vigoureux ; nous ferons ensuite remarquer — fait connu depuis longtemps et souvent mis en lumière — avec quelle facilité les séreuses sont frappées par la tuberculose, il y aurait une sorte de prédisposition morbide de la part de ces organes, et les anciens cliniciens avaient, non sans raison, créé le mot de diathèse séreuse.
Ne pourrait-on pas, en rapprochant ces deux particularilés, dire que le bacille s'empare, chez ces individus, une fois qu’il a forcé la première barrière, de l'organe qui présente le moins de résistance (les séreuses), tandis que, chez un individu plus faible, il s'emparerait des poumons par exemple. Pour arriver à ces organes, dont il faut toujours s'occuper quand on parle de tuberculose, le bacille, dans le premier cas, prendrait un chemin détourné, tandis que dans le second cas il irait directement.
A côté de cette première raison, il faut citer comme cause occasionnelle fréquente, dans l'étiologie des affections que nous avons en vue, le traumatisme.
D'une façon générale, le traumatisme joue un grand rôle dans la localisation des infections : « Naturam morborum ostendunt traumaticæ complicaliones ‘ ». Pour la tuberculose des séreuses, les exemples ne manquent pas. Tout le monde connaît les célèbres expériences de Max Schüller, dont il est inutile de donner le détail. Cet auteur montre on ne peut mieux que c’est bien le trauma qui est la cause de la localisation tuberculeuse sur les articulations. En clinique, les
{ VerxeuIL. — Le traumatisme et les propathies. — Rev. mensuelle de Méd. et de Chir., 1879, pag. 359.
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