‹ Du Début de la Tuberculose Pulmonaire par les SéreusesChapitre 26 sur 46 · PR GN · texte numérisé non relu

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Nous sommes convaincu malgré le court intervalle de temps écoulé que ce sujet a complètement guéri de sa tuberculose pleurale et qu'il doit, à condition de prendre quelques précautions, éviter la tuberculose pulmonaire.

Comme on le voit, il ne suffit pas de montrer qu'un individu qui a eu une pleurésie antérieurement n'est pas devenu tuberculeux dans la suite pour affirmer que Landouzy s'était trompé, de même que la typho-bacillose peut guérir, de même la pleurésie la plus tuberculeuse que l’on voudra peut, non seulement guérir, mais doit guérir avec des soins appropriés « La pleurésie séro-fibrineuse paraît mériter une place privilégiée parmi les tuberculoses curables. » (Netter) ‘.

De ce que l’on admet la nature tuberculeuse de la pleurésie et qu’on le dit tout haut, il ne s’ensuit pas que l’on perde tout espoir comme le croit Blachez?, c’est au contraire une raison pour lutter plus énergiquement. Ceux qui sont désespérants et décourageants sont ceux qui lancent des assertions comme celles-ci: « Il est impossible d'admettre que la guérison définitive soit la règle pour une maladie tuberculeuse *.»

Pour se rendre compte de la violence des passions dans cette question; il faut lire la discussion qui eut lieu à l’Académie de Médecine, en 1892, au sujet de l’évolution des pleurésies. Tous ou presque tous les académiciens étaient d'accord pour rejeter les idées émises par Landouzy, mais tous, ici encore, ne s’appuyaient que sur le nombre plus ou moins grand de pleurésies guéries qu’ils pouvaient citer. M. Béchamp‘ se vantait d’avoir eu une pleurésie à 30 ans,

1 Nerter.— Nature des pleurésies. Soc. méd. des hop., 1891, p. 176. 2 BLacnez. — Gazette hebdomadaire, 1886, p. 662.

3 Mantez. — Jbid. p. 699.

4 Bécaame.— Académie de Médecine, 1892, t. xxvu, p. 794

diagnostiquée et soignée par Bækel et de n'être pas encore tuberculeux 46 ans après, ce qui lui paraissait suffisant pour affirmer que sa pleurésie n'était pas d’origine tuberculeuse. On aurait pu lui répondre que sa guérison faisait grand honneur au talent (hérapeutique de Bækel et au sien, mais qu'elle ne prouvait pas autre chose. Un médecin est, en effet, plus que tout autre, capable de prendre à la suite d’une pleurésie toutes les précautions et tous les soins nécessaires pour éviter des conséquences fâcheuses.

Enfin, pour enlever à la tuberculose tout rôle dans la production de la pleurésie, on soutenait qu'il y avait différence de nature absolue entre la tuberculose pulmonaire consécutive et la pleurésie qui l'avait précédée ; si l’une succédait à l’autre, ce n’était qu’en raison des modifications imprimées aux poumons par l’'épanchement (anémie, congestion, compression) ou par les adhérences (défaut d’alimentation aérienne, modifications qui les mettaient, en état de moindre résistance. L’explication ne manquait pas de vraisemblance, et la clinique à elle seule était incapable de lrancher la difficulté ; c’est pourquoi on fit appel à l’expérimentation et aux examens de laboratoire.

Au début, les adversaires de Landouzy eurent beau jeu, ces recherches pendant longtemps ne donnèrent guère que des résultats négatifs, surtout la recherche du bacille luimême; ce qui n'empêchait pas les pathologistes qui pressentaient la vérité de soutenir que, quand on ne trouvait pas de microbes, la tuberculose devait être incriminée. Mais, à mesure que les procédés se perfectionnaient, les inoculations et les cultures devenaient de plus en plus souvent positives. Enfin, les derniers procédés mis en pratique tout récemment donnèrent tous des résultats identiques et apportèrent tous, chacun de leur côté, la preuve de la nature tuberculeuse de la pleurésie. La pathologie vétéri-

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