‹ Du Début de la Tuberculose Pulmonaire par les SéreusesChapitre 34 sur 46 · RUE: VIE · texte numérisé non relu

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mers de Chine. Le malade fut rapatrié à cause de son état, qui s'aggravait. Pendant la traversée, phlébite des deux veines crurales. À son arrivée en France, il entre à l'hôpital.

L'anémie et la faiblesse sont extrêmes ; teint terreux, diarrhée, apyrexie. L'exploralion des divers organes, et notamment de la poitrine, ne révèle aucune altération.

Vers les premiers jours de mars, légère amélioration locale et générale. |

20 mars. On découvre, dans le côté droit du thorax, un vaste épanchement qui ne s'était révélé que par un peu de gêne dans la respiration et une douleur vague dans le flanc droit. La thoracentèse donne issue à 3 litres 400 d’un liquide séreux fortement hématique.

Depuis ce moment jusqu’au 21 mai, cinq autres ponctions ont été faites. La quantité de liquide extrait par chaque ponction a varié entre 1 et 2 litres. En outre du caractère hématique qui ne s'est pas modifié jusqu’à la fin, l’'épanchement a pris, à partir de la quatrième ponction, un aspect trouble et fourni un dépôt boueux, hémato-purulent. Malgré des améliorations momentanées, le malade, miné par la fièvre hectique, s’acheminait lentement vers le marasme, lorsqu'une broncho-pneumonie à gauche, survenue le 16 mai, précipita la mort, qui eut lieu le 30 mai.

La nature luberculeuse de la pleurésie fut reconnue à l’autopsie. Un examen minutieux fait découvrir, dans le parenchyme pulmonaire du côté droit, quelques rares granulations infiniment petites, transparentes et de développement évidemment récent. Les ganglions bronchiques ne sont pas sensiblement modifiés; l'un d’eux toutefois présente un foyer caséeux miliaire.

Le poumon gauche est engoué sans autre altération.

Le péritoine est sain.

On n’a pu ici, du vivant du malade, se douter de la tuberculose pulmonaire ; on ne l’a constatée qu'après la mort, mais l’observation n’en est pas moins probante pour nous. ‘Si une broncho-pneumonie n’était pas survenue et n'avait emporté le malade, on aurait assisté, sans aucun doute, à l'évolution de la tuberculose pulmonaire sur cet organisme

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déprimé, mais nous soutenons aussi que, si l'état général de Ducr... avait été moins mauvais, il aurait tout aussi bien pu guérir complètement de sa pleurésie et éviter la bacillose viscérale, car le pronostic de cette pleurésie hémorragique est, comme l’admet Dieulafov, relativement bénin ; comme exemple nous pouvons citer l'observation suivante :

Ogservarion XIV !. — 11 s'agit d'une femme âgée de 68 ans, bien conservée et robuste, indemne de tout antécédent héréditaire ou personnel de tuberculose.

Le 27 novembre 1895,elle tombe de 3 mètres de hauteur, se fracture les 7° et 8° côtes gauches et a une hémoptysie abondante. Elle est admise et soignée dans le service de M. Schwartz.

Le 15 décembre, on constate l’existence d’un petit épanchement pleurétique gauche. La malade passe dans nos salles, et deux jours après nous lui retirons 950 grammes d’un liquide séreux et nettement hémorragique.

Les jours suivants, l’'épanchement ne se reproduit pas, et le 20 janvier cette femme nous quitte complètement guérie, ne présentant aucun signe suspect du côlé des sommets.

8 cc. du liquide hémorragique sont inoculés à un cobaye, dont l’autopsie révèle des lésions nettement tuberculeuses quoique minimes.

Où il est prouvé une fois de plus que la pleurésie, quelle” qu'en puisse paraître la cause, est suspecte même chez des gens chez lesquels on ne s'attend pas à trouver la tuberculose. Dans le cas présent, le traumatisme a rempli le rôle du froid, et Chauffard a bien raison quand il dit qu'il faut se méfier des pleurésies traumatiques.

Dans la dernière de nos observations de pleurésies hémorragiques,nous trouvons une nouvelle preuve des localisations multiples du bacille de Koch sur les séreuses :

1 CnauFFaRD. — Pathogénie des pleurésies traumatiques, Semaine médicale, 1896, pag. 81.

CE LIET 00e

OBSERVATION XV !. — Un homme, à la suite d’un traumatisme thoracique, présenta des phénomènes d’épanchement pleural hémorragique. La ponction fut pratiquée, l'épanchement se reproduisit. Ce malade présentait en même temps des signes de cirrhose et des phénomènes nerveux graves, délire, troubles moteurs, etc. On voulut rattacher en clinique ces phénomènes nerveux à la lésion hépatique. L'autopsie montra les lésions suivantes :

1° Un foie atteint de cirrhose pigmentaire ;

2 Une rate grosse et pigmentée;

3° Une pachy-pleurite ltuberculeuse énorme sans tuberculose pulmonaire ;

4° Une tuberculose méningée.

En fait d'exemples de pleurésie purulente, nous serons encore moins riche et nous ne pourrons en citer qu’un. Dans ces cas, en effet, les lésions de la plèvre sont beaucoup plus profondes et le poumon est presque toujours touché en même temps ; or, quand on se trouve en présence de deux lésions presque concomitantes, il est assez difficile de préciser laquelle des deux à commencé; ce n'est que dans des cas comme le suivant qu’on peut l'affirmer :

OBservaTion XVI? (résumée). — Pleurésie purulente; Empyème; Mort. — Am.…., agent comptable de la marine, âgé de 34 ans, est admis à l'hôpital du Val-de-Grâce le 16 septembre 1885, pour une pleurésie droite datant de 3 semaines. L'épanchement remplit toute la cavité pleurale. Les poumons paraissent indemnes. La fièvre est élevée, l’anémie profonde et l’amaigrissement déjà accentué.

Une ponction, pratiquée le 18 septembre, donne issue à 3 litres de pus. Le mouvement fébrile momentanément atténué se relève de nouveau à partir du 24.

Le 29, l’'empyème est pratiqué. La fièvre persiste et l'amaigrissement fait des progrès rapides.

1 Auscaer. — Société anatomique, 1896, pag. 42. 2 KezscH et Vaizzarp. — Loc, cit. p. 202,

ENQG-—

Le 13 octobre, un épanchement pleurétique se forme rapidement à gauche et nécessite une ponction; le 26, l'opération donne issue à un litre de sérosité hématique, laissant déposer une épaisse couche purulente. La fièvre tombe, mais l'état général baisse de plus en plus et le malade meurt dans le marasme le 31 octobre.

L'autopsie permet d'affirmer la nature tuberculeuse des 2 pleurésies

Le poumon droit présente à la partie moyenne du 1/3 inférieur, immédiatement au-dessous de la plèvre, un semis granuleux récent, à peine appréciable à l'œil.

Le poumon gauche est exempt de tubercules.

Enfin, nous citerons trois observations de pleurésie sèche, Dans ces cas et si l’on se place à notre point de vue, on se trouve encore en présence d’un embarras analogue à celui que nous avons signalé à propos des pleurésies purulentes, parce qu’en général, ces pleurites ne font que traduire une lésion préexistante des poumons ; elles ne sont la plupart du temps qu’une réaction pleurale vis-àvis de la tuberculose pulmonaire; nous n'en voulons pour preuve que cette submatité, dite en sablier par M. le professeur Grasset (submatilé au sommet et à la base, sonorité entre les deux\, que l’on trouve souvent au début de la tuberculose pulmonaire et qui n'est anatomiquement qu’un épaississement pleural.

En ce qui concerne nos observations, il nous a semblé cependant que le début avait été surtout pleural. Ce sont tous les trois des militaires, qui n'étaient vraisemblablement pas tuberculeux au moment de leur incorporation; or, ce qui est le plus marqué en ce moment, ce qui domine, c'est leur lésion pleurale; quant à la lésion pulmonaire, qu'on devine plus qu'on ne la décèle, elle est au deuxième plan; de plus, nous admettons pour ces cas le pronostic bénin des tuberculoses des séreuses.

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rare

OgservarTioN XVII (personnelle). — O.., Joseph, 23 ans, bouchonnier, actuellement au 122° régiment d'infanterie, Entre à

l'hôpital dans le service de M. le professeur Grasset salle Martin-

Tisson N° 3, le 16 mai 1903, pour douleur du côté droit. Cette douleur à débuté le 1* mai; depuis cette époque O0... tousse et crache un peu ; il est essoufflé. Il a costinué à faire son service pendant quelques jours, mais se sentant de plus en plus faligué il se fait porter malade; il entre à linfirmerie, où il passe deux ou trois jours, puis est envoyé à l'hôpital. En outre des symptômes signalés plus haut le malade nous accuse quelques palpitations de cœur et un peu d'amaigrissement. Il a eu une fièvre typhoïde à 17 ans et deux pneumonies quelque temps après. — Jamais d’hémoptysie — Léger degré d’éthylisme.

Dans les antécédents héréditaires nous ne trouvons rien à relever.

La température prise à l’infirmerie a oscillé entre 36° 5 et 37°,8; actuellement, il n’a plus de fièvre. Le pouls bat 56 à Go pulsations dans la position allongée et 80 dans la posilion assise, la tension artérielle varie entre 18 et 19.

On trouve comme signes physiques de la submatité à la base droite avec des frottements très nets ; à la base gauche, on entend aussi quelques frottements mais bien moins qu'à droite.

A un examen pratiqué le 9 juin, on trouve les mêmes signes que précédemment mais en plus un schème IT de Grancher très net au sommet droit. Il n’y a pas d'expiration prolongée.

Le séro d’Arloing-Courmont est positif.

Osservarion XVIII (personnelle). — Gilles B..., 22 ans, berger, fait actuellement son service aû 122e régiment d'infanterie.

Dansles antécédents nous ne trouvons rien à signaler du côté de ses parents ; quant à lui, il n’a eu qu'un rhumatisme à l'âge de 19 ans qui a duré 6 mois. k

B.... se sent fatigué depuis le commencement du mois de mai, il a ressenti à cette époque une douleur dans le côté gauche mais peu marquée ; depuis, elle est allée en augmentant ; il tousse et crache mais très peu ; le point de côté est exagéré par la toux. Après un séjour d’une dizaine de jours à l’infirmerie régimentaire, B..., entre à l'hôpital le 24 mai 1903 dans le service de M. le professeur Grasset, salle Martin-Tisson n°2. A l'interrogatoire, nous apprenons ce que nous venons de dire;sauf l'appareil respiratoire,tous les autres

— So

appareils fonctionnent très bien. Cependant il faut noter de l'amaigrissement, quelques sueurs nocturnes et de la faiblesse générale.

Apyrexie complète. Au pouls nous trouvons 72 pulsations quand le sujetest couché et 88 quand il est assis : sa lension artérielle est à 18.

A la base gauche on entend des frottements qui correspondent à une zone de submatité. Au sommet gauche, nous trouvons de la submatité et une respiration rude ; dans les jours qui ont suivi, les frottements de la base gauche sont allés en diminuant.

OgsErRvaTION XIX (personnelle). — Casimir J..., ordonnance au 122e régiment d'infanterie (cultivateur dans la vie civile), entre à l'hôpital dans le service de M. le professeur Grasset, salle Martin- Tisson n°5, le 9 juin 1903.

Antécédents héréditaires : rien à signaler.

Antécédents personnels : il y a deux ans, point de côté (?) à la suite d’un froid. Très léger éthylisme, pas de tabagisme.

La maladie actuelle a débuté il y a dix jours par de la courbature générale mais sans douleur bien localisée ; il y a cinq jours, quelques frissons et un léger point de côté à gauche. J.... a continué à travailler jusqu’au 8 juin, veille de son entrée à l'hôpital. Il se plaint d'un peu d’essoufflement et d’une petite toux sèche ; la douleur ne l'empêche pas de se coucher sur le côté gauche; il accuse et de la céphalée et de l'insomnie.

A l'examen, on note un peu de température 3:7°,5,un pouls variant entre 72 et 96 suivant la position et une tension artérielle à 17.

Au thorax, nous trouvons de la submatité sur toute la hauteur en arrière et à gauche; à la base: frottements très perceptibles (bruit de taffetas).

Au sommet gauche nous avons de la submatité mais pas d’exagération des vibrations, la respiration est très différente des 2 côtés : elle est rude à gauche avec une expiration bruyante et prolongée, mais il n'y a pas de râles même à la toux.

13 Juin, on retrouve les mêmes signes ou à peu près, la température est à la normale. Le séro d’Arloing et Courmont vient confirmer le diagnostic de nature.

23 Juin, M.le professeur-agrégé Rauzier,qui remplace M. Grasset, examine le malade. Il constate outre les signesdonnés plus haut une légère submatité et un peu d'expiration prolongée au sommet droit.

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