‹ Du Décollement Épiphysaire Traumatique: De l'Extrémité Inférieure du TibiaChapitre 7 sur 48 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Une première question se pose, c'est celle de savoir où se fait exactement le décollement éphiphysaire ; est-ce entre l’épiphyse et le cartilage de conjugaison, dans la substance même du cartilage, ou bien dans le tissu spongieux dela diaphyse. tout voisin du cartilage épiphysaire ?

Tout d’abord, depuis les recherches de Broca, on sait que le décollement ne se fait Jamais entre l’épiphyse et le cartilage de conjugaison; dans tous les cas de décollement épiphysaire, le cartilage reste dans l’épiphyse, ceci est admis, 11 n’y a aucune contestation sur ce point.

Il nous reste à nous demander, puisque le décollemsnt se fait au-dessus de l’éphiphyse, si le cartilage en se séparant de la diaphyse, n’enlève rien du tissu osseux diaphysaire immédiatement voisin, en d’autres termes, s’il n’y a pas arrachement osseux, fracture diaphysaire.

En 1860, Foucher a résolu la question macroscopiquement en établissant les trois catégories suivantes :

1° « Ou bien l’épiphyse est séparée de la diaphyse

et la surface de séparation ne présente aucune couche osseuse, c'est le décollement épiphysaire proprement dit. Alors, du côté de la diaphyse, on constate une surface courbe, douce, grasse au toucher, présentant à l’œil nu des petites saillies et des dépressions que l'on a comparées aux cotylédons d’un placenta et que Haller avait déjà signalées; du côté de l’épiphyse, la surface offre l’aspect d’un cartilage mou, vasculaire, d’une teinte gris-rosée. »

Alors la séparation s’est faite en pleine couche chondroïde de Broca; c’est-à-dire dans la couche que l'on appelle maintenant, depuis Ranvier, la zone de cartilage sérié, parce que les capsules cartilagineuses sont allongées, disposées parallèlement les unes aux autres et toutes perpendiculairement au plan du cartilage de conjugaison, c’est-à-dire parallèlement à l'axe du corps de l'os; c’est la première couche différenciée en allant du cartilage vers la diaphyse ;

2° « Ou bien l’épiphyse entraine avec elle une couche osseuse, mince, peu consistante, finement grenue, c'est la fracture épiphysaire. » La séparation s’est faite dans la couche osteoïde, couche spongoïde normale de Broca, c’est la zone sous-jacente à la couche chondroïde ; on l'appelle osteoïde parce qu’elle a beaucoup d’analogie avec le tissu osseux spongieux, c'est du tissu cartilagineux en voie de transformation osseuse ;

3° (Q Ou bien la solution de continuité se fait au sein du tissu spongieux (de la diaphyse) près de l’épiphyse, c’est la fracture preépiphysaire. »

On peut réunir les deux dernières variétés en une

seule (puisque dans toutes les deux la couche spongoide serait intéressée d’après Foucher), et l'opinion de cet auteur peut se résumer ainsi : « Il peut se produire une disjonction épiphysaire pure, qui n’est observée que de un mois à un an; le plus souvent, par conséquent 1l s’agit d’une fracture. » (Jaüon.)

Ollier dit également: « Expérimentalement,on produit des fractures voisines du cartilage plutôt qu’un vrai décollement. La disjonction ne se fait jamais sur la limite même du cartilage, c’est au niveau de la couche spongoïde normale. Joüon « d’après l'examen d’un décollement de l’épiphyse inférieure du fémur chez un jeune garçon de sept ans et demi (macroscopiquement ce décollement était pur sur presque toute la surface deséparation diaphyso-épiphysaire, sauf un tout petit arrachement osseux de l'extrémité interne de la diaphyse); d’après l’examen à l’œil nu des décollements des principales épiphyses obtenues sur les os détachés du cadavre d’un enfant de deux ans mort de brûlures, n’ayant aucune infection pouvant faire incriminer des décollements pathologiques; d’après enfin cette considération clinique capitale que si l’on n’a passoin après un décollementaccompagné de déplacement chez un sujet tout jeune, de réduire exactement ce déplacement et de le maintenir réduit pendant toute la période de consolidation sous peine de s’exposer à la terrible complication de l'arrêt de développement en longueur de l'os. » Joüon dit : «Les décollements épiphysaires méritent de conserver une entité anatomo-pathologique distincte, il y a grand intérêt à ne pas les confondre, à ne pas les décrire

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