TRAITEMENT
Le traitement du décollement épiphysaire du tibia varie suivant la gravité des lésions et l'intensité des déplacements. ;
Le repos et la compression ouatée suffisent s’il n’y a pas de déviation. Il faut éviter surtout des essais de marche prématurés. Un intervalle de vingt jours est nécessaire pour que le cal soit consolidé.
Dans les cas de déplacement marqué, l’anesthésie générale ou rachidienne facilitera la réduction. On procédera comme dans la fracture de Dupuytren. fl faut fléchir la jambe sur la cuisse et la cuisse sur le bassin pour relâcher les muscles. Un aide maintient la jambe, pendant que l'opérateur, tenant le pied, le reporte en avant par des mouvements de flexion et d'extension. Le déplacement en valgus est corrigé par une adduction forte et soutenue. Il est nécessaire d'appliquer un appareil pour maintenir le pied et la jambe en bonne attitude. Le pied à angle droit sur la jambe, on immobilise dans un appareil de Maisonneuve avec une attelle postérieure et uneé attelle couvrant les deux faces latérales.
: L'appareil de Delbet pour fractures de jambe évitera l’atrophie musculaire, les raideurs articulaires et tendineuses.
On aura rarement recours à la suture osseuse car la déviation corrigée n’a pas de tendance à se reproduire. Un décollement périostique accentué sur les deux faces de l’épiphyse pourra déterminer des productions osseuses exuhérantes qui nécessiteront une intervention opératoire dans la suite.
L'intervention est encore indiquée, de même d'’ailleurs que dans la fracture de Dupuytren, dans le cas de rupture vicieusement consolidée. La résection tibio-tarsienne conseillée par Kirmisson, ostéotomie du péroné et résection du éfragment tibiale décollé sera l'opération de choix. |
. Quelques observations que nous avons pu recueillir dans le service de M. le professeur Broca, à l’hôpital des Enfants-Malades, ou dans les travaux qui ont paru sur la question, feront mieux comprendre les
lésions que nous avons voulu étudier.
OBSERVATION I (Inédite et personnelle)
(Recueillie dans le service de M. Lenormand à l'hôpital Saint-Louis).
\ Marcel B..., né le 2 février 1902, entre le 5 avril 1919 dans Je service de M. Lenormand à l'hôpital Saint-Louis pour “traumatisme du cou-de-pied. Le jour même il eut la jambe
gauche prise entre le marchepied d'un tramway et le cou-
vercle qui protège la roue. Poussé, étant dans cette attitude, iltombe le pied engagé. Relevé, il ne peut appuyer sur la jambe gauche.
Examen.— Le pied est en abduction et en rotation externe. Pas de déplacement en arrière. A 5 centimètres au-dessus de la malléole externe, existe l’encoche caractéristique du
coup de hache. A la face interne du cou-de-pied, tuméfac=
tion et ecchymose.
S ; , PÉ Re Ye Fee eee 43 ES Les mouvements spontanés de l'articulation tibio-tarsienne Æ sont peu étendus. as : lex
Il existe un point douloureuxau: niveau de l’encoche ; la
nr ag ne er en me
tête" de la malléole péronière est peu douloureuse sauf au miveau du bord antérieur. Pas de point ligamentaire. Tout le bord antérieur du tibia est douloureux à 1 centimètre environ au-dessus de l'articulation, il n’y a pas de saillie osseuse.
On’recherche vainement le ballottement astragalien. Pas
de diastasis. La radiographie fut faite et l’on -constata,
comme le montre la planche I : un décollement “de l’extré:
mité inférieure du tibia ayecsa malléole, une fracture de
l’angle antéro- externe du même os. Le péroné présente une
solution de continuité au niveau du décollement Hp le
pied est nettement en valgus.
De profil le fragment du tibia détaché ferait légèrement
saillie en avant, de même que l’épiphyse décollée. La réduction est faite sous anesthésie, le pied placé à angle droit sur la jambe et en varus,un appareil Delbet de marche
pour fracture de jambe appliqué, est enlevé au bout de vingt
jours. La réduction est assez bonne, il persistait une légère
atrophie de la jambe.
OBSERVATION II (Inédite) (Due à l'obligeance de Mme Houdré,assistante de M. Broca). Armand, treize ans et demi. Entre à l'hôpital des Enfants-
Malades le 14 février. Le même jour une barre de fer est
tombée sur la jambe de l’enfant.
Examen de face.— On constate une concavité sus-malléo- |
laire exagérée sur la face externe de la jambe ; une énorme
tuméfaction de la région malléolaire et du dos du pied. Une
ecchymose très marquée couvre la malléole interne, elle a
une largeur de 6 centimètres et 8 centimètres de long, est accompagnée de phlyctènes. |
A la région malléolaire externe, une plaie saignante intéresse le derme au niveau de la pointe du péroné.
A la palpation, il existe sur le tibia un maximum de dou-
DE TEER
leur au niveau du cartilage de conjugaison, douleur très vive
“également à 5 centimètres au-dessus de la pointe du péroné.
.… Le diagnostic qui s'impose est celui de décollement épiphy-
saire du tibia et fracture du péroné avec déplacement en dehors sans déplacement en arrière.
Badiographie. — L'examen révèle de face le décollement de l’épiphyse du tibia. D’autre part il existe un petit trait vertical rattachant un fragment triangulaire situé au niveau du tubercule externe du tibia. Le péroné n’est pas fracturé mais présente une très forte incurvation à concavité externe. L'épreuve de profil ne révèle aucun déplacement en arrière.
Le traitement a été fort simple : un pansement compressif, sans autre appareil. \
OBSERVATION I (Inédite)
(Due à l’obligeance de Mme Houdré).
Henri, quatorze ans, entre le 4 juillet 1911 à l'hôpital des
- Enfants-Malades. Cet enfant a glissé en jouant et présente
une impotence de la jambe droite.
À l'examen, celle-ci est déformée au tiers inférieur, le pied est en adduction et en varus, l'axe de la jambe tombe vers le quatrième orteil. Le tibia présente au-dessus des malléoles une {orte concavité interne. Le diamètre antéro-postérieur sus-malléolaire est augmenté, la concavité du tendon d'Achille exagérée. Le pied est luxé en arrière, la malléole externe reportée très en arrière par rapport à l’interne. Dou-
leur très nette à la base de la malléole interne, douleur vive
sur le péroné à cinq travers de doigts au-dessus de la pointe