OBSERVATION V
(Cotte, Lyon chirurgical, août 1914.)
(Décollement épiphysaire de l'extrémité inférieure du tibia).
Il s’agit d’un jeune homme de dix-huit ans qui fit un faux pas en jouant au foot-ball. Il est difficile de préciser le mécanisme de la lésion ; le malade en courant aurait mis le pied ‘sur le ballon et il croit s'être tordu le pied de dedans en dehors.
Le pied, à l'examen, est déjeté en dedans et -en arrière, forte saillie du plateau tibfal en avant. A la palpation, point douloureux à 7 centimètres de la pointe du péroné, d'autre part sur le plateau tibial.
Radiographie. — 11 existe une fracture oblique du péroné
-à 7 centimètres au-dessus de la pointe, décollement partiel
As — de l'épiphyse du tibia. Dans sa partie postéro-interne le cartilage semble avoir résisté et à ce niveau le trauma a donné une fracture verticale qui remonte dans la diaphyse tibiale. D'autre part le fragment épiphysaire détaché est divisé en deux par un trait de refend qui a fait de la lésion une fracture intra-capsulaire, | Réduction sous anesthésie, en refoulant en arrière le fragment tibial luxé en avant. Après trois semaines de repos dans une gouttière plâtrée, le malade fut soumis à des massages méthodiques. | « L'histoire de ce malade, ajoute l’auteur, est intéressante, Lorsqu'on parcourt en effet les travaux faits à ce sujet on voit quele décollement épiphysaire du tibia chez l'enfant estl’équivalent d’une fracture de Dupuytren. Il est difficile de dire le mécanisme de la fracture, cependant le malade présentait plutôt une fracture du type Tillaux puisque le pied est en adduction, l'épiphyse titiale ouverte au dehors sur le péroné, le cartilage de conjugaison, situé juste au niveau de l’interligne tibio-tarsien, a résisté, le trait de fracture est bien audessus de lui.
Gette fracture diffère des formes habituelle et ou le trait de décollement est complet et ou le trait bâille en dedans ». On manque de données précises pour connaître le méca-
nisme de la lésion.
OBSERVATION VI (A. Broca et Phélip. Revue d'Orthopédie, mars 1910.)
B....Lucien,âgé de quatorze ans,entre le 20 août 1909,salle
Molland. Rién de spécial dans ses antécédents. Le 20 août
l’enfant est tombé en sautant et ils’est tordu le pied gauche. n’a pu se rélever seul et a été porté chez lui.
La déformation a été immédiate: mais le gonflement n’est survenu que-pendant la nuit. Nous Je voyons le lendemain matin à l'hôpital. On note un gonflement énorme de la région malléolaire gauche où le doigt provoque en appuyant un godet d'œdème très marqué. Au niveau de la malléole interne on voit une ecchymose très étendue, de plus il ya deux phlyctènes sur la région antéro-interne de la malléole interne où l'on voit saillir sous la peau le fragment diaphysaire tibial. Le pied est en valgüus très marqué et l’axe de la jambe tombe sur le bord interne du gros orteil. La dévia-
tion posétrieure est également très notable. Le coup de hache de Dupuytren est caractéristique, la palpation à 7 centimètres au-dessus de la pointe de la malléole externe réveille une douleur exquise et on sent à ce niveau une dépression. Douleur également à la région médiane du coup de pied.
Au niveau de la région malléolaire interne, on sent avec la pulpe des doigts saillir immédiatement sous la peau l’extrémité diaphysaire du tibia qui menace de perforer la peau.
Douleur très vive en cet endroit où l’on sent une véritable arrête osseuse. Le ballottement astragalien est facile à obte-
nir. On ne sent pas de crépitation. -
La radiographie confirme le diagnostic de fracture de Dupuytren avec décollement épiphysaire tibial inférieur ; sous-anesthésie générale, la fracture est réduite le 20 août et un plâtre ést appliqué.
Après appareillage, la radiographie montre que la réduction est suflisante en raison de l'énorme gonflement qui existait. Le plâtre est enlevé le 25 septembre. Les mouve-
J. Queffeulou 4
ments de la tibio-tarsienne sont bons; le pied est en bonne position. Consolidation satisfaisante.
La radiographie est ici d’une interprétation intéressante, l'enfant est âgé de quatorze ans. Aussi sa fracture se rapproche davantage de celle de l'adulte par l’adjonction d'un fragment tibial diaphysaire détaché du reste de la diaphyse.
On voit un véritable éclatement du fragment inférieur du péroné, le fragment supérieur venant faire coin entre les deux moitiés éclatées. =
Le décollement de l’épiphyse est très notable en dedans ‘surtout où il y a un véritable désengrènement de l'épiphyse
tandis que celle-ci est plus rapprochée en dehors du troi-
sième fragment tibial diaphysaire, de forme triangulaire
déplacé du côté externe. Sur la radiographie de profilon note, le fort déplacement en arrière de l’épiphyse tibiale et à la partie antérieure le fragment supérieur diaphysaire fait saillie comme on le sentait bien à la. palpation.
20, novembre 1909.— Pas de déformation du pied gauche, l'enfant marche sans boiter. Les mouvements de flexion et d'extension sont normaux dans la tibio-tarsienné gauche, pas de ballottement astragalien. La palpation au niveau du péroné ne fait sentir aucune déformation. Au niveau de la malléole tibiale, on sent en avant, au niveau de l’espace diaphyso-épiphysaire une rainure transversale. L’écartement entre l'épiphyse et la diaphyse n'avait pas été complètement
corrigé. Le résultat fonctionnel est cependant parfait.
= ft =