ÉVOLUTION ET PRONOSTIC
Le décollement de l’épiphyse inférieure du tibia bien réduit guérit vite et bien ; il faut compter un minimum de rois semaines avant que la marche ne soit possible. La réduction est le plus souvent facile et même la réduction n’étant pas parfaite, les résultats fonctionnels sont cependant excellents.
Des déformations secondaires sont parfois à craindré. Elles sont dues à un décollement-passé inaperçu où le diagnostic n’a pas été posé. C'est une erreur - fatale si l’on néglige l'examen aux rayons X.
Dans un cas de Monsaingon que nous avons rapporté le massage a été institué immédiatement après l'accident. On a .cru- à une fracture sous-périostée, sans déplacement et la marche a été reprise rapidement. Au bout de trois mois, la marche devient de plus en plus douloureuse, puis impossible. La diaphyse tibiale a progressivement glissé en avant et en dedans : le valgus s’est de plus en plus accentué. Il s'agissait d’un décollement épiphysaire du tibia, où le massage et la marche précoce ont élé des traumatismes répétés stimulant l’activité d’un périoste décollé sur la face interne.
Le décollement épiphysaire, d'un pronostic si bénin lorsqu'on sail le rechercher et le reconnaître, peut avoir des conséquences fâcheuses pour l'avenir. Le cartilage conjugal constitue la réserve de l'accroissement de l’os en longueur.
Les recherches que Cornil et Coudray ont poursuivi sur des lapins ont montré, que les diverses lésions de ce cartilage retardent l’accroissement de l'os, Le cartilage se trouve enserré par un os nouveau,qui incessamment se forme du côté du périoste, et arrête définitivement la fonction osléogénique.
En perdant sa fonction spéciale, le cartilage continue à vivre, mais un arrêt de l’accroissement en résulte chez l'homme. Des conséquences aussi fâcheu- ses sont rares, mais existent. Dans un cas de Bou- | chut, le décollement de l’épiphyse inférieure du tibia arrêta le développement de l'os, de sorte que le péroné continuant à s’allonger une déformation en varus en fut la conséquence. Sur 46 cas de décollements Poland a noté huit fois des troubles de croissance du tibia. ; ES
Lans les os de la jambe, le cartilage fertile, aux dépens duquel, le tissu osseux se forme, n'est pas le cartilage inférieur, cela nous rassure pour le pronostic. Les cas de Poland sont peu probants et dans les autres observations quenous avonspu réunir nous n'avons pu trouver la déviation signalée par Bouchut.
Donc vices de consolidation exceptionnels, une légère atrophie des muscles de la jambe, qui facilement se répare, résultat fonctionnel excellent même
si la réduction n’est pas parfaite, soudure précore du cartilage disjoint avec la diaphyse, tous ces faits font du décollement épiphysaire une affection autrement bénigne que la fracture de Dupuytren.
Un léger diastasis, tel qu’on l'observe parfois, apportera un retard à la marche, mais au bout de | trois mois, .elle est normale et l’astragale est fixé dans sa mortaise. |