AIT OF NON
avec des moyens plastiques. C’est ainsi que le « Kamerny-Theatre » de Moscou l’acceptait. La peinture, les contrastes des chauds et des froids n’y servaient qu'a souligner la forme conçue et exécutée plastiquement. La réalisation de « Phèdre » par Vesnine constitue même, grâce à la parfaite harmonie de l’ensemble scénique, ensemble extraordinaire d'ambiance, costumes et rythmes des gestes et mouvements, une œuvre scénique des plus abouties que nous ayons pu admirer. | |
Des décors comme ceux du « Docteur Caligari », par contre, intéressants aussi longtemps qu’ils se présentent sans acteurs, contiennent une erreur fondamentale. Je n'insiste même pas sur la dissonance entre la stylisation des décors et l'apparence beaucoup plus réaliste des personnages. Le fait de voir passer et se mouvoir sans convention de stylisation aucune des êtres vivants dans une ambiance d’un tout autre ordre, crée un manque d'unité extrêmement pénible. Et encore, c'était là un film. Or, pour les films, on pourrait dire que les personnages photographiés ne sont plus des hommes #roidimensionels, mais des images mouvantes en deux dimensions. Le procédé photographique semble, en effet, réussir le tour de force, impossible à la scène, d’aplatir les acteurs et de les mettre sur le plan du décor — le plan de l'écran. C’est probablement en raison de cette déformation que certains metteurs en scène de films allemands se croient autorisés à faire usage de la peinture, en soulignant encore le caractère pictural par des hachures, des ombres portées dessinées, etc. Mais la photographie, en faisant mouvoir les acteurs sur un plan, nous donne en même temps l'illusion optique. Elle offre même, par la perspective photographique, plus de profondeur que la réalité. Aussi l'application de la peinture au cinéma est-elle doublement désagréable.
Pour la scène, deux cas se présentent, dans lesquels il semble permis d’user du décor peint : c’est le cas du décor-blague et celui du décor-pastiche.
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