DIAGNOSTIC ET PRONOSTIC
Pour faire le diagnostic d’un délire chez un hépatopathique, il faut rechercher avec soin s’il n'existe pas en même temps que le délire un des signes habituels de l'insuffisance hépatique.
Il faut attacher une grande importance à l'examen des urines. L'épreuve positive de la glycosurie alimentaire donne un renseignement précieux sur l’état de la cellule hépatique. La recherche de la quantité d’urée que renfermentles urines, la détermination du coeflicient azoturique peuvent être d’une certaine utilité. On doit toujours rechercher dans les urines la présence de la réaction hémaphéique de Gübler par l'acide 'nitrique, ou déterminer la présence d’urobiline ou de son chromogène par l'examen spectroscopique, avec la fluorescence verte que donne le chlorure de zinc ammoniacal.
L'étude des antécédents du malade a aussi une grande importance et peut mettre sur la voie d’un diagnostic exact quand on découvre des troubles gastro-intestinaux ou hépatiques antérieurs.
Mais c'est par l'examen minutieux de tous les appareils, par l’état général du malade qu'on a les
données les plus précises. L'aspect, le facies, l’habitus extérieur donnent de prime abord à un œil sagace et exercé l'impression d’un état d'intoxication plus ou moins intense, La sécheresse de la langue et des lèvres, la constipation ou la diarrhée, l’augmentation de volume du foie, la décoloration et la fétidité des matières fécales, l’amaigrissement, la dépression, l’asthénie imposent le diagnostic d’intoxication. Le diagnostie d’auto-intoxication hépatique se fait soit à cause de la présence de phénomènes précis, soit par élimination. Il est parfois difficile de distinguer les délires des hépatopathiques des délires de l’urémie. Cette distinction est d’ailleurs presque théorique.
Il faut, une fois soupçonnée l'insuffisance hépatique, rechercher sa cause qu'on trouvera presque toujours d’une part dans un état hépatique antérieur, et d'autre part dans un état toxi-infectieux surajouté et plus ou moins manifeste.
L'importance des phénomènes généraux imposera le pronostic, Le délire dépend de l'insuffisance hépatique. Il n’y a pas à proprement parler de pronostic du délire. Il faut poser le pronostic de la maladie qui cause la dégénérescence du foie. Il faut tenir grand compte dans cette appréciation de l’état antérieur du malade, de sa résistance, de la gravité de infection et de l’état du chimisme hépatique. On se rappellera que, d’une façon générale, le délire est un des symptômes les plus graves de l'insuffisance hépatique.