‹ Du Délire chez les HépatopathiquesChapitre 6 sur 18 · LA · texte numérisé non relu

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tique sans trouble nerveux on ne peut dire pourtant qu'il n'y ait pas d'insuffisance hépatique sans délire. Denombreux malades meurent avecunfoienettement insuffisant sans avoir jamais eu de troubles psychiques. Les causes du délire nous échappent. Il est probable qu'il faut faire jouer un rôle à la prédisposition héréditaire, au passé psychique du malade, aux altérations silencieuses du cerveau, etc.

Il est un fait qu'il faut mettre en évidence dans cette étude étiologique; c’est que ledélire des hépatopathiques est toujours secondaire à une altération des cellules hépatiques elles-mêmes. Les lésions de lappareil conjonctivo-vasculaire du foie ne peuvent avoir aucune influence sur l’apparition du délire.

Il faut aussi remarquer que souvent le délire apparaît chez des individus dont le foie est depuis longtemps déjà insuffisant. Cela tient à ce que les diverses fonctions d’une cellule hépatique adultérée ne sont pas également diminuées. On sait bien qu'on peut constater du côté des urines des signes certains d'insuffisance hépatique (urobilinurie, glycosurie alimentaire, diminution de l’urée) avant d’observer toute autre modification de l’organisme.

Mais il est un autre fait qui a plus d'importance encore. Il faut considérer les malades atteints d’une affection hépatique plus ou moins lente, comme étant en équilibre instable. Leur foie, dont on peut parfois par un examen minutieux, déceler la légère insuffisance, est capable encore d’un certain effort. Il ne peut, comme un foie normal, retenir les 150 gram-

mes de glucose de l'épreuve de la glycosurie alimentaire, mais il fabrique encore assez de glycogène pour les besoins courants de organisme.

Il transforme en partie seulement les albuminoïdes en urée; le coefficient azoturique diminue ; mais en somme les déchets azotés sont éliminés suffisamment. Ce raisonnement est applicable à toutes les fonctions du foie. L’organe est certainement moins puissant qu'un organe sain, mais il remplit en somme son rôle vis-à-vis d’un organisme qui ne lui demande qu'un travail médiocre. C’est là ee qui caractérise l'in-. suffisance hépatique latente.

Mais que l'organisme donne un beau jour un surcroît de travail à la cellule hépatique, celle-ci est incapable d'un effort. La barrière hépatique est débordée si l’on peut dire. Les premiers signes d’insuffisance apparaissent. L’auto-intoxication s’accentuant, les parenchymes s’altèrent. La cellule hépatique elle-même est influencée par les poisons. Il y a là un cercle vicieux. Plus l’auto-intoxication devient profonde et plus diminue le pouvoir antitoxique du foie, et plus s’accuse' la dégénérescence massive de l'organe.

On conçoit ainsi l’importance de certains phénomènes chez les individus qui ont cette insuffisance hépatique latente. Survienne le moindre écart de régime qui augmente les produits de fermentation et les toxines de l'intestin, survienne une intoxication quelconque, une infection microbienne même, bénigne, on verra apparaitre et s'accentuer l’auto-

intoxication chez ces individus qui ne peuvent plus: compter sur leur foie pour lés défendre contre des: agents qui n'auraient aucune prise sur un organisme résistant.

On peut voir dans les observations de délire des hépatopathiques que chez la plupart des malades l'apparition du délire est accidentellement provoquée par un écart de régime, une infection et une intoxication.

Si dans certains cas ce délire est un symptôme effacé au milieu des autres symptômes de l’insuffisance hépatique, il est remarquable que parfois, et pour des raisons qui généralement nous échappent, l’intoxication de l'organisme, rendue possible par un fonctionnement fixe, ne se traduira que par le délire,

Nous n'insisterons pas sur les causes capables d’engendrer l’insuflisance hépatique et nous nous contenterons de dire que le ‘délire hépatique peut survenir au cours de toutes les dégénérescences des cellules hépatiques, quelle que soit leur cause.

En raison même de la fréquence de la tuberculose et de l'alcoolisme, on peut dire que ces deux maladies se compliquent souvent de délire hépatique.

Le tuberculeux a généralement un foie adultéré et gras. Les délires si fréquents à la période terminale de l'affection, l'agitation ou la prostration des malades, peuvent être mis sur le compte de l'insuflisance hépatique.

On sait d’autre part avec quelle fréquence on rencontre les lésions du foie dans l'alcoolisme ; lésions

du tissu conjonctivo-vasculaire et lésions du parenchyme. En outre l'alcoolisme peut engendrer des lésions des artères du cerveau, certaines lésions méningées, et même certaines altérations des cellules nerveuses. Toutes ces lésions peuvent être minimes et passer inaperçues ; mais elles rendent compte de la fréquence du délire chez les alcooliques, en dehors, bien entendu des délires provoqués par l’action immédiate de l'alcool.

En somme trois facteurs nous apparaissent comme nécessaires :

1° Lésion de la cellule hépatique mettant le foie en état d'infériorité fonctionnelle ;

2° Une certaine prédisposition de l'individu ;

3° Une cause capable de provoquer une auto-intoxication.

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