IV. — C'est un délire aigu de courte durée
3Avecla troisième forme cliniquenous arrivons àla forme typique du délire des hépatopathiques. Tout le tableau clinique est fait de troubles intellectuels, dont la durée et la gravité sont extrêmement variables.
a) Formes chroniques bénignes. — Ces formes ont été bien étudiées par Klippel, puis par Juquelier dans sa thèse. Il s’agit d'individus qui présentent une certaine insuffisance hépatique caractérisée par la glycosurie alimentaire, l'hypoazoturie, l’urobilinurie qui sont atteints de troubles psychiques consistant en excitation maniaque, dépression mélancolique, délire de rêve. Ces troubles mentaux persistent pen-
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dant quelques semaines, et disparaissent en même temps que s'améliore l’état des fonctions hépatiques.
b) l’ormes subaiguës el graves. — Ces formes apparaissent quand l'insuffisance hépatique s'installe d'emblée, augmente peu à peu d'intensité et aboutit à une déchéance complète de l’organe dont la conséquence est lamort. L'observation IV est un type de cette forme.
Il s’agit d’une femme de trente-cinq ans, jusque-là bien portante, n'ayant présenté que des troubles gastriques légers. Elle devient irascible, jalouse, change de caractère. Ces prodromes durent quelques semaines. Un beau jour elle ressent un malaise, prend un purgatif, garde lelit deux jours. Puis brusquement elle est prise d’un accès bruyant d’excitation maniaque qui nécessite son transport à l'asile. Là elle présente pendant un mois un délire à forme de confusion mentale avec hallucination. L'état général, satisfaisant au début, devient mauvais. La langue et les lèvres sont sèches et fuligineuses, le facies est prostré, les yeux sont excavés, l’amaigrissement devient extrême. La température s'élève un peu, la diarrhée, avec de légères hémorragies intestinales, apparaît et la malade tombe dans Je collapsus et meurt. La maladie avait en tout duré six semaines. L'autopsie permit de rattacher le délire à une insuffisance hépatique, ce que n'avait permis de faire la clinique, car la malade n’avait pendant la vie présenté nettement aucun des grands symptômes de cette affection. Mais le foie présentait une dégénérescence
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massive, qui dépendait elle-même d’une toxi-infection très légère passée presque inaperçue au début de la maladie.
Notre observation III se rapporte à une malade du même genre, mais alcoolique et chez laquelle le délire a été moins impressionnant. Les deux cas sont d’ailleurs superposables.
Ce qui est important à retenir c’est que dans les cas de cet ordre le délire semble primitif et constituer à lui seul toute la maladie.
La distinction entre les formes cliniques que nous avons étudiées est toute schématique et partant imparfaite, Il existe des cas typiques de ces formes que nous avons établies d’après nos observations. Maisil est aussi des formes de transition, qui participent à la fois de plusieurs formes parce que les divers éléments nécessaires à l'apparition du délire sont diversement coordonnés.
C’est àce point de vue que notre deuxième observation est fort instructive.
Un individu de souche névropathique, névropathe lui-même, est un alcoolique invétéré. Il est taciturne, triste, vit de façon un peu bizarre. Jamais son attention ni celle de son entourage ne sont attirées par les troubles de sa santé générale. Et pourtant (l’'autopsie le prouvera) il est atteint de cirrhose alcoolique hypertrophique.
Un beau jour il s’excite et fait un accès d’agitation maniaque avec hallucination et confusion mentale. Cet accès évolue pendant tout un mois sur