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particulier, ou à l’explication des actes délictueux, inslinctifs pour ainsi dire, que le malade accomplit au début de sa maladie, dans cette période si intéressante au point de vue médico-légal.
Ainsi ce malade qui vit encore de la vie commune, qui se conduit comme un homme sain, bien mieux qui fait souvent preuve d’une vivacité intellectuelle qu’on ne lui connaissait pas, est «un condamné à mort ». Il est frappé d’un mal incurable, difficile encore à dépister. mais qui va s'affirmer de jour en jour ct le caractère des actes viendra bientôt confirmer le diagnostic, que les signes somatiques ont permis de porter.
A ce seul titre d’élément de diagnostic. les actes du paralytique doivent avoir une importance notable aux Feux du médecin.
Dans une thèse publiée en 1883, Fortineau considérant l'impulsion comme très fréquente dans le cours de la Paralysie Générale range dans la classe des actes impulsifs un certain nombre de faits qui semblent devoir plutôt être considérés comme des actes instinclifs. Il est vrai qu'il prend le terme d’impulsion dans son sens le plus large et qu'il décrit des actes impulsifs automatiques, instinctifs, involontaires, ete. Il faut donc préciser le sens du mot : acte impulsif.
Si l'on admet que l'impulsion est la force déterminante . de tout mouvement, tous les actes deviennent impulsifs ; c’est la conclusion du livre de M. Ribot sur les maladies
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de la Volonté, conclusion envisagée à un point de vue exclusivement philosophique.
N'y aurait-il pas avantage au contraire à restreindre le sens de ce terme et à définir l'acte impulsif un acte spontané, irrésistible et conscient dans lequel la volonté trop faible intervient inutilement pour s'opposer à l'exécution de l'acte ?
C’est le fait du maniaque qui vole, qui tue et qui a tellement conscience de la nature de ses actes, qu’il cherche quelquefois à résister au désir invincible qui le pousse et qu'il use souvent d’un talent réel pour mettre impunément ces actes à exécution.
Lasègue dans son étude sur les exhibitionnistes rapporte le cas d’un jeune homme d'excellente éducation qui tous les jours entrait dans une église et exposait publiquement ses organes génitaux. Il fut arrêté et condamné.
Un autre Jeune homme accusé d’avoir montré ses organes génitaux à un enfant et de s'être exposé à demi-nu, à sa fenêtre pendant plusieurs jours et à la même heure, avoua que la tentation était au dessus de ses forces et que lorsqu'elle survenait il succombait fatalement.
Voilà des exemples d'actes impulsifs. Mais ceux-ci sont bien rares dans la paralysie générale sinon tout-à-fait au début du moins à la période d'état de la maladie. On cite le cas de ce paralytique au début qui, se réveillant brusquement pendant la nuit, est pris d’un violent désir de tuer sa femme couchée à ses côtés ; il est obligé de s'enfuir pour ne pas Succomber à cette tentation. Si l'acte avait été commis,
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on aurait pu le qualifier d’impulsif puisqu'il était la conséquence d’une impulsion, mais chez ce malade l'intelligence et le sens moral persistaient encore ; dès que l’affaiblissement intellectuel ne permet plus au malade de distinguer le bien du mal, il n’hésitera pas à satisfaire tous ses instincts et ne cherchera pas à résister à un désir qui lui semble légitime. D'impulsif l'acte devient le plus souvent instinctif.
Plus tard dans la deuxième période les actes prennent un caractère particulier. Ici la débilité mentale est flagrante et les idées mobiles absurdes, contradictoires, incohérentes provoquent des actes frappés au coin de la folie. La mobilité des idées est un des caractères les plus constants. € Si les paralytiques ne rencontrent pas d'obstacles, a dit Falret, ils arrivent à leur but, mais la persévérance manque à leur activité et si le temps est nécessaire à la réalisation d’une idée ils l'abandonnent pour en prendre une autre ». Falret. Folie Raisonnante. Ann. Médico-psychiques, 1866).
On sait que le délire dans la paralysie générale se présente tantôt et le plus souvent sous la forme expansive, tantôt sous la forme dépressive. Obéissant à ses conceptions de grandeurs, de richesses, ou bien d'humilité, d’hypochondrie, le malade peut commettre un certain nombre d'actes qui semblent être comme la déduction logique des idées fausses qui les engendrent. Celui-ci confiant dans sa force musculaire se jette au devant d’une locomotive en marche pour l'arrêter ; celui-là allume des incendies pour avoir le plaisir de les éteindre par sa seule volonté.
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Mais ces actes si fréquents chez les maniaques le sont bien moins chez les paralytiques généraux incapables le plus souvent de tout raisonnement. « L'état de réflexion est un état contre nature ; l’homme qui médite est un animal dépravé » (J.-Jacques Rousseau). Que l’on remplace le dernier terme de cette boutade par celui-ci : tout raisonnement suppose un effort que le paralytique est incapable de produire et l’on aura l'explication du peu de fréquence de cette variété d'actes raisonnés, que nous appellerons déductifs.
Ces actes sont empreints du cachet d’absurdité si particulier à la maladie ; tel ce paralytique qui pour détruire les rats dont sa maison est infestée, y met le feu.
A côté de ces actes déductifs doivent se placer les actes automatiques. Il est des malades qui volent inconsciemment sans aucun besoin de la chose volée ; d’autres présentent un état de mobilité désordonnée saisissant et abandonnant tour à tour les objets qui sont sous leurs mains sans paraître avoir conscience de leur acte. C’est ce que Fabret désigne sous le nom d’agitation silencieuse.
D’autres exhibent leurs organes génitaux en public sans aucun désir vénérien, sans aucun but.
S il nous était donc permis d'avancer une classification nous diviserions les actes des paralytiques généraux à la première et à la deuxième période en quatre classes : 4r° Actes. impulsifs ; 2° Actes instinctifs ; 3° Actes automatiques ; 4° Actes déductifs.
Nous n’insisterons pas sur la troisième période de la