HALLUCINATION DANS SES RAPPORTS ANATOMIQDES
« Il existe entre la couche corticale du cerveau et les nerfs olfactif et oplique des connexions du même genre que celles que j'ai signalées entre la couche corticale du cervelet et lesners auditif et tri-jumeau (1). »
Ainsi donc, suivant M. Foville, l'altération des parties intermédiaires aux organes des sens et au centre de perception, altération qui se lie aux hallucinations, semblerait commencer par l'origine des nerfs sensoriaux, puis se communiquerait à la couche corticale correspondante de l'encéphale, en se révélant le plus ordinairement par des adhérences entre cette portion de couche corticale et les parties des méninges qui lui sont contiguës.
En résumé, toutes les opinions des auteurs classés dans cette catégorie ont un tort, celui de mettre l'hallucination sous la dépendance exclusive des surfaces sensoriales, ou tout au moins d'en faire constamment dériver le point de départ. ____,
CATÉGORIE QUI LOCALISE l' HALLUCINATION DANS LA PORTION CENTRALE DU SYSTEME NERVEUX.
l'' Selon Gall, la circonvolution qui se trouve entre celle du talent poétique et celle de la mimique entraîne, lorsqu'elle est développée, la disposition aux visions.
« Dès le premier fanatique (halluciné), dit-il, que je vis, je fus frappé de la saillie arrondie de la partie supérieure de Tos frontal. Cette saillie ne forme point au milieu de la tête une protubérance allongée, comme l'organe delà bonté; ce n'est pas non plus la protubérance surbaissée de celui de la mimique. Ici toute la partie de l'os frontal est bombée en segment de sphère
« Cette circonvolution fait-elle partie de l'organe de la
(1) Note adressée à VAcad. des scienCf dans ses complc-rend. de 1843, tom. 16, n0^3; p. 130.
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mimique, et son développement excessif exalte-t-il le talent pour la mimique au point d'en faire la faculté de personnifier les simples idées, et de les métamorphoser hors de nous ? ou bien cette circonvolution fait-elle partie à la fois de la poésie et de la mimique, ou enfin constitue- 1- elle un organe particulier? voilà ce que des recherches ultérieures sur le cerveau des visionnaires pourront seules décider (1 ). h
Or, si Ton consulte l'ouvrage de M. Parchappe, dans lequel cet observateur a rapproché les documents nécroscopiques des principales formes du délire, on trouve bien, il est vrai, quelques faits qui viennent plus ou moins à Tappui de l'opinion de Gall. Ainsi, chez un maniaque avec hallucinations de la vue, il y avait un développement considérable des circonvolutions dans la région supérieure moyenne des hémisphères (2).
Chez deux autres fous avec hallucinations de rouie, la même chose avait lieu (33; mais, dans une foule d'autres cas semblables, les circonvolutions dont il s'agit ont été trouvées d'un volume normal (4). Il y a mieux : chez plusieurs, ou bien les circonvolutions étaient minces, petites dans les parties antérieures et moyennes des hémisphères, ou bien il y avait atrophie très-sensible de ces circonvolutions (5).
Pour notre compte, dans nos investigations sur l'encéphale de plusieurs aliénés qui avaient de fausses perceptions, nous n'avons jamais trouvé la circonvolution signalée par Gall plus saillante, plus développée, en un mot plus bombée que les autres.
(1) Fond, du cerv.^ tom. 5, p. 345-46.
(2) Traité théor. et prat. de la folie, obs. 27, p. 27. (3)/6zW.,obs. 57 et 89.
(4) Ibid., obs. 58, 59, 64, 65, 69, 78, 79. 85, 88, 100, 105.
(5) Ibid., obs. 92, 111, 114, 188, 202,221.