DE LA FAUSSE HALLUCINATION. >|>I
frappée par aucun son; et elle converse avec elles de la môme façoo, c'est-à-dire par V intermédiaire delà pensée. Ces secondes paroles ne sont pas des hallucinations de l'ouïe^ comme les premières, puisque la malade assure ne percevoir ici aucun bruit ambiant ou intérieur. D'une autre part, elles sont plus que de simples conceptions de Tesprit; car, quoique toutes mentales, quoique ne revêtant jamais la forme d'une perception, elles ont assez de force et pour sembler articulées et pour paraître provenir de la bouche de personnes occupant tel ou tel lieu de préférence à tel ou tel autre.
« L'esprit suprême, dit une célèbre sohtaire du xvii^ siècle, m'a fait connaître que nous étions soixante-douze filles ou femmes éparses dans les déserts du monde, mais que des hommes il y en avait plus de six mille. Il m'a fait connaître tout cela par une vision claire de l'entendement, et quoique je le voie aussi clairement des yeux du corps, d'une beauté qui me charme, il ne me fait pourtant connaître et entendre ce qu'il me dit que par la voie de V entendement {\), »