‹ Du délire des sensationsChapitre 32 sur 70 · DES FAUSSES HALLUCINATIONS DE LA VUE · texte numérisé non relu

DES FAUSSES HALLUCINATIONS DE LA VUE

Une lypémaniaque, âgée de quarante-deux ans, M'^^' H.. ., dont la folie partielle roule sur des idées religieuses, sur la crainte de devenir la proie des flammes de l'enfer, reçoit assez fréquemment la visite du démon. Le jour, soit qu'elle

(1) La solitaire des rochers^ ou correspondance de Jeanne Marguerite de Montmorency ai^ec son directeur. Lyon 1841> lom. 11, supplément de la lollie 13' adressée au père Luc dfe Bray.

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travaille, soit qu*elle se promène ou qu'elle mange, le tentateur lui apparaît, en se tenant à son côté gauche, et jamais à son côté droit. La malade est certaine de sa présence, elle voit ses cornes, son visage hideux, ses pieds fourchus ; mais cela avec les yeux de V esprit, et non pas avec ceux du corps.

Sainte Thérèse était très-sujette à ces sortes de phénomènes, beaucoup plus sujette qu'aux hallucinations véritables.

« Estant un jour en oraison, dit cette femme célèbre, il luy pi ut (à Jésus-Christ) de me montrer ses divines mains, et nulles paroles ne sont capables d'exprimer quelle en

estoit la beauté Peu de jours après, il me laissa voir son

visage, dont je fus tellement ravie, que, si je m'en souviens bien, je perdis toute connaissance. S'estant montré à moy tout entier, je ne pouvais comprendre pourquoy Une se montrait auparavant que peu à peu Le jour de la feste de

Saint-Paul, estant à la messe, Jésus-Christ se montra à moy dans toute sa sacrée majesté, et tel qu'on le peint ressuscité

et avec une beauté inconcevable Ce n'a jamais été

avec les yeux corporels que j'ay veu cette visioU;, mais seulement avec les yeux de Vâme. Ceux qui sont plus intelligents que moy disent que l'autre vision dont j'ai cy-devant parlé est plus parfaite que celle-cy, et beaucoup plus que toutes celles qui ne se voyent qu'avec les yeux corporels, qui sont, à ce qu'ils croyent, les moindres de toutes et les plus susceptibles des illusions du diable. J'avais peine néanmoins alors d'en estre persuadée et àurois désiré au contraire d'avoir avec les yeux du corps ce que je ne voyais qu'avec ceux de l'âme, afin que mon confesseur ne pust pas me dire que ce n'estait qu'une imagination (1). »

(1) Fie de celte sainte, écrite par elle-même; Iraduct. d'Arnauld d'Aiidilly, in-4% 2*^ édit., chap. xxyiii, p. 166-67.

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