‹ Du Délire FébrileChapitre 10 sur 23 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Pathogénie.

Le point le plus délicat de notre tâche dans l’étude du délire fébrile est certainement d’en donner une interprétation pathogénique satisfaisante. Bien des théories en ont été données, comme nous le verrons en en faisant l'historique. Aucune ne nous à paru valable : ou bien elles ne concordent pas avec les observations cliniques ou elles donnent comme cause au délire une cause qui a besoin elle-même d’être interprétée et qui ne l’est pas.

C’est au nom de l’observation clinique que nous examinerons successivement les théories pathogéniques données, éliminant à mesure celles qui seront en contradiction avec les faits observés.

Arrivant, nous pouvons le dire d'avance, à n’en pas trouver une qui soit admissible, nous verrons si une nouvelle théorie, basée sur les découvertes les plus récentes, ne serait pas préférable aux précédentes. Son plus grand défaut sera de n'être, comme les autres, qu’une hypothèse, mais les expériences qui, seules, pourraient la

ie transformer en une vérité indiscutable nous semblent pres que impossibles à réaliser.

La théorie le plus souvent invoquée est celle du délire créé par la fièvre : c’est la fièvre considérée comme.simple élétation de la température du sang qui provoque l'apparition du délire (Liebermeister, Hirtz, Curschmann). Ainsi présentée, cette théorie est manifestement insuffisante, d’ailleurs une partie de la discussion qui lui serait applicable sera faite à propos de la théorie suivante; celle-ci, plus complète, est à première vue plus acceptable.

Certains malades réunissant quelques-unes des conditions éliologiques précédemment énumérées (chap. H) peuvent délirer à propos d’une élévation de la tempé ralure organique (cause occasionnelle). Cette théorie expliquerait déja mieux que la précédente comment tous ies individus ne réagissent pas de la même facon à une excitation semblable pour tous.

Dans le cas qui nous occupe, il s’agit de savoir si l’élévation de température est précisément cet excitant qui doit donner naissance au délire.

Or, si l’on examine les observations, on voit que le délire n’est nullement déterminé par la fièvre. Il n’y a entre ces deux éléments qu'une relation de coexistence, suffisante pour que l’on puisse songer à les faire dériver de causes assez analogues, mais ne donnant nullement la conviction qu’on doit admettre l’un comme cause de l'autre.

Nous allons citer et étudier un grand nombre d’observations. IL n’en est pas une, pourrions-nous dire, qui, prise isolément, donne la preuve indiscutable de ce que nous avançcons, mais, de l’ensemble des faits cités, sort un

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